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serard@dev00:~/cv

Le pont vers l'informatique

Pourquoi le MDE apparait ici

Diapositives sources : 26-30
Angles principaux : technique, transdisciplinaire, critique
Croisements : Pont compilateur, Appareil et compilateur


Le moment du decalage de scene

La diapositive "Meanwhile, in the Computer Science scene..." est l'un des pivots du PDF. Jusque-la, le document semblait construire une theorie de la cognition a partir d'une photo, d'une occurrence, d'une pile de niveaux et d'operateurs de circulation. Soudain, le monde de l'informatique apparait.

Ce n'est pas un ornement. Ce n'est pas un clin d'oeil biographique. C'est le moment ou le document affirme que la structure qu'il vient de construire n'est pas seulement psychologique ou philosophique; elle est aussi modelisable techniquement.

Le slide-pont: la theorie de l'analyse humaine reconnait soudain son voisinage structurel avec le monde du MDE.
Le slide-pont: la theorie de l'analyse humaine reconnait soudain son voisinage structurel avec le monde du MDE.

Pourquoi le rapprochement est plausible

Le pont fonctionne parce que les ressemblances sont reelles. Dans les deux cas, on trouve:

  • des niveaux de representation distincts ;
  • des langages qui parlent d'autres langages ;
  • des contraintes qui descendent ;
  • des descriptions qui montent ;
  • une exigence de coherence entre couches.

Autrement dit, la theorie de l'analyse humaine ne rencontre pas l'informatique par metaphore exterieure. Elle la rencontre parce qu'elle a deja produit une forme meta-modelisante.

Ce que le MDE apporte

Le Model-Driven Engineering apporte au document trois promesses.

La premiere est une promesse de clarte structurale. Le MDE donne des noms, des pratiques et des outillages a ce que le PDF pressent dans sa pile.

La deuxieme est une promesse de traceabilite. Si des niveaux existent et si leurs relations sont explicites, il devient possible de suivre une transformation, une contrainte, une erreur, un manque.

La troisieme est une promesse de formalisation outillee. Ce qui etait encore une architecture conceptuelle peut devenir une architecture specifiee, verifiee, voire compilee.

Ces promesses expliquent pourquoi ce passage du PDF aura des prolongements si importants dans le corpus ulterieur.

Ce que le document ne doit pas faire croire

Il faut pourtant etre rigoureux. Le fait qu'une structure soit analogue a celle du MDE ne signifie pas que l'humain se reduit a un artefact logiciel. Il y a ici un risque de glissement reductionniste.

Un meta-modele logiciel a des frontieres, des regles et des verifications relativement stabilisables. L'humain, lui, reste traverse par des affects, des etats, des histoires, des institutions, des variations de contexte et des resistances du reel qui n'entrent pas si proprement dans un schema.

Le pont est donc fort, mais il doit etre lu comme un pont de structure, pas comme une identite de substance.

Le benefice theorique du pont

Lorsqu'on le lit correctement, le pont vers l'informatique a un immense benefice. Il force a clarifier ce que l'on veut dire par langage, modele, instance, meta-regle, coherence. Il oblige a distinguer ce qui releve du cas, du cadre, et des primitives du cadre.

Cette discipline conceptuelle est salutaire. Elle protege le document contre la derive metaphorique floue. Elle lui donne une chance de devenir non seulement suggestif, mais operatoire.

Le risque de scientisme

La reserve critique inverse doit cependant etre maintenue. Des lors qu'un outillage technique devient disponible, il existe toujours une tentation d'oublier le reste irreductible du reel au profit de ce qui se laisse typer, verifier, linter ou compiler.

Le PDF evite en partie cette faute parce qu'il maintient la couche "Reality" sous M0. Mais ses prolongements futurs devront sans cesse se mesurer a cette question: formaliser plus, oui, mais sans confondre le formalisable avec le tout du reel.

Pourquoi ce passage compte autant

Ce chapitre est important parce qu'il montre que le document de 2017 n'est pas simplement philosophique. Il est aussi l'oeuvre d'un esprit d'ingenierie. Les memes gestes qui servent a penser l'humain servent ici a penser la construction de langages, de modeles et de transformations.

Le resultat est rare. Trop de textes philosophiques utilisent l'informatique comme metaphore superficielle. Trop de textes techniques ignorent les implications epistemologiques de leurs propres abstractions. Ici, les deux mondes se reconnaissent mutuellement.

Une jonction qui restera contestable

Il faut tout de meme accepter qu'une telle jonction restera toujours discutable. Certains y verront une puissance de formalisation legitime. D'autres y verront une tentation de rabattre l'humain sur un schema d'ingenieur. Les deux reactions ont leur part de verite.

La meilleure position est sans doute la suivante: le pont n'est ni une preuve finale, ni un contresens pur. C'est une hypothese de transposition fertile, qui ne vaut qu'a condition de rester critique d'elle-meme.

Le passage au bilan

A ce stade, tous les ingredients du document sont presents: scene perceptive, occurrence, langage, pile, circulation, pluralite, realite sous-jacente, pont technique. Il reste a porter un jugement d'ensemble. Le PDF est-il une theorie generale de l'humain ? Une heuristique ? Une matrice de formalisation ? Un texte de transition ?

La reponse demande un bilan critique.


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