Live suicide devant Qwant : le corpus réuni face à la qualification de menace de mort
Avertissement — suicide et automutilation
Cet article reproduit des messages évoquant explicitement le suicide, l'arrêt de médicaments et montrant un couteau. Si vous êtes actuellement en danger ou si vous envisagez de vous faire du mal, éloignez-vous de tout moyen dangereux, rejoignez immédiatement une personne de confiance et contactez les services d'urgence ou le 3114, numéro national de prévention du suicide, accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Avertissement documentaire et juridique
Cette page analyse les messages et courriels conservés dans le dossier local
pieces/ainsi que, sous forme de résumés, les actes judiciaires qui m'ont été remis. Elle distingue :
- ce que les documents établissent directement ;
- ce que leur comparaison permet raisonnablement de constater ;
- ce qui demeure une hypothèse faute d'accès au dossier pénal complet.
Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat. Les actes judiciaires ne sont ni reproduits, ni proposés au téléchargement, ni cités littéralement lorsqu'une formulation n'est connue que par leur intermédiaire. Leur contenu est présenté en termes indirects, sans données d'identité, références de procédure, noms de professionnels de justice ni signatures.
1. Résumé exécutif
Dès le 17 juillet 2026, j'ai publié un message annonçant une grève de la faim, de l'eau, de la nourriture et des médicaments. Les 22 et 23 juillet 2026, j'ai ensuite publié plusieurs messages annonçant explicitement mon intention de me suicider devant les locaux de Qwant à Nice. J'ai également envoyé des courriels annonçant ce suicide à des destinataires liés à Qwant.
Ces messages intervenaient après une demande de réponse portant sur mes alertes relatives à Qwant, notamment sur la transmission alléguée de données personnelles à Bing et Bing Ads malgré une promesse d'anonymisation. Cette question technique appartient, dans ma démarche engagée depuis 2016, au noyau du noyau de ce que je dénonce comme une fraude à l'investissement : les représentations faites aux investisseurs et financeurs sur l'indépendance technologique, l'index propre et la protection des données. Les chapitres 38 à 40 et le chapitre 44 documentent cette accusation et ses limites probatoires ; ils ne constituent pas une constatation judiciaire de fraude. Dans le corpus ici conservé, le passage de cette alerte à l'annonce suicidaire est formulé sans ambiguïté :
« Bonjour @Qwant_FR vous faites les sourds ? Alors je vais me suicider. »
Le 22 juillet 2026, la page X affiche 12 h 11 pour une photographie d'un couteau accompagnée de la formulation :
« L'arme du crime @Qwant_FR »
Une autre publication du même jour, dont l'heure n'est pas visible, utilise la même photographie et fixe un rendez-vous devant les bureaux de Qwant :
« Une belle douille bien tranchante. @Qwant_FR rdv demain 10h pour le live ou plutôt la mort. »
L'identifiant technique du tweet encode une création à 12 h 11 min 01 s UTC, soit 14 h 11 min 01 s à Paris le 22 juillet 2026. Le courriel natif conservé au format EML porte, dans son champ Date, l'horodatage 22 juillet 2026 à 14 h 08 min 37 s +02:00. À partir de ces deux métadonnées, le courriel précède le tweet d'environ 2 min 24 s. L'EML documente le message adressé à b.lecoeur@qwant.com ; il ne contient ni accusé de remise, ni preuve de lecture.
La juxtaposition, dans les publications, d'une photographie de couteau, d'un lieu, d'un horaire, d'insultes et de formulations violentes était gravement alarmante et justifiait une réaction de sécurité et de secours. Cette constatation ne désigne pas la victime juridique d'une menace de mort. Le tweet affiché à 12 h 11 associe matériellement un couteau, le mot « crime » et le compte de Qwant, sans désigner la personne dont la mort serait annoncée. D'autres messages contemporains annoncent explicitement ma propre mise en danger et ma propre mort : grève de la faim et de l'eau, arrêt des médicaments, « je vais me suicider », « live suicide », « faire le mort », « plutôt la mort » et mot-dièse #DeadWistleBlower.
Le procès-verbal de convocation et l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire ont néanmoins retenu une autre qualification : une menace de mort visant les personnels ou la société Qwant.
La comparaison fait apparaître trois difficultés documentaires majeures :
- le contexte auto-agressif explicite n'apparaît pas dans l'énoncé de la prévention ;
- les formulations attribuées aux messages par les actes figurent dans deux publications publiques distinctes, l'une sur X et l'autre sur Mastodon, mais les actes les présentent dans une même description rattachée à X ;
- les actes fournis ne permettent pas de connaître le contenu précis du signalement initial, ses annexes, la chronologie des transmissions ni les messages dont disposaient les enquêteurs et le parquet.
Les pièces permettent donc de constater un écart entre les messages que je produis et la formulation retenue dans les actes judiciaires. Elles n'en établissent ni l'origine, ni les étapes intermédiaires, ni le caractère volontaire.
2. Le contexte : une alerte adressée à Qwant
Je situe cet épisode dans la continuité de mes alertes engagées depuis 2016 sur les pratiques de Qwant. Leur centre est ce que je qualifie de fraude à l'investissement : l'écart allégué entre les représentations adressées aux financeurs et la réalité technique que je documente. Cette qualification reste à établir juridiquement. Le contexte général de ces démarches est présenté dans le dossier documentaire CNIL / Qwant / CADA / Conseil d'État, dans les chapitres 38 à 40 et dans la synthèse du chapitre 44.
La séquence immédiate conservée commence par deux EML adressés à l'avocate désignée par Qwant. Le 22 juillet 2026 à 11 h 21 min 06 s +02:00, je demande pourquoi je n'ai pas de réponse et relance sur l'envoi de données pseudonymisées ainsi que sur les rôles que j'attribue à Pierre Vignaux et Jean-Charles Chemin. À 11 h 21 min 21 s +02:00, j'ajoute :
« Aussi, est-ce que je suis toujours menacé de mort par Eric Léandri ? »
Ces deux EML établissent mes questions et leur adressage déclaré à Me Nathalie Micault. Ils ne prouvent ni leur remise ou leur lecture, ni la menace de mort que j'allègue. Ils embarquent le long fil antérieur et onze annexes ; leur analyse probatoire complète en expose aussi les éléments défavorables.
Sept minutes plus tard, à 11 h 28, j'interpelle Boris Lecœur et demande une réponse sur le dossier « Qwant / ERARD / LEANDRI / CHEMIN » et sur ce que je décris comme une fausse promesse d'anonymisation :
« Fausse promesse d'anonymisation : données personnelles envoyées à bing et bing ads »
« Qu'avez vous à dire ? »

Pièce — Courriel du 22 juillet 2026 à 11 h 28 : demande de réponse sur l'alerte.
Le fichier EML natif de ce courriel conserve les champs Date, From, To et Message-ID. Il documente un message adressé le 22 juillet 2026 à 11 h 28 min 33 s +02:00 à b.lecoeur@qwant.com. La capture et l'EML établissent donc une demande de réponse immédiatement antérieure aux annonces suicidaires. Ils ne prouvent ni la remise au serveur destinataire, ni la lecture, ni la connaissance par le destinataire de l'intégralité des alertes engagées depuis 2016.
3. Chronologie des messages et pièces conservés
Les heures ci-dessous sont celles qui apparaissent matériellement sur les captures ou, pour Mastodon, dans les métadonnées publiques de la publication. Lorsque X n'affiche que le jour, la mention « heure non visible » est utilisée : aucune heure n'est reconstituée ou inventée. Pour « L'arme du crime », l'heure affichée par X est complétée par l'heure UTC encodée dans l'identifiant Snowflake du tweet, conformément à la documentation technique de X (ouvre dans une nouvelle fenêtre). La capture du 17 juillet ne montre pas non plus l'année ; son rattachement à 2026 résulte de sa présence dans cette séquence documentaire de juillet 2026.
| Date | Heure visible | Nature de la pièce | Contenu principal |
|---|---|---|---|
| 17 juillet 2026 | heure non visible | Publication X | Grève de la faim, de l'eau, de la nourriture et des médicaments |
| 19 juillet 2026 | heure non visible | Publication X | Critique de la communication de Qwant sur la vie privée |
| 22 juillet 2026 | 11 h 21 min 06 s +02:00 | Courriel EML à Me Micault | Relance sur les données pseudonymisées et demande de réponse |
| 22 juillet 2026 | 11 h 21 min 21 s +02:00 | Courriel EML à Me Micault | Question sur une menace de mort que j'allègue subir |
| 22 juillet 2026 | 11 h 28 min 33 s +02:00 | Courriel EML | Demande de réponse sur Qwant, l'anonymisation et Bing |
| 22 juillet 2026 | 14 h 08 min 37 s +02:00 | Courriel EML | « Alors je vais me suicider » |
| 22 juillet 2026 | 12 h 11 affichée par X ; identifiant : 12 h 11 UTC, soit 14 h 11 à Paris | Publication X | « L'arme du crime @Qwant_FR », avec photographie d'un couteau |
| 22 juillet 2026 | heure non visible, postérieure à 14 h 08 | Publication X | « Qwant fait le sourd […] je vais faire le mort », avec capture du courriel de 14 h 08 |
| 22 juillet 2026 | heure non visible | Publication X | Arrêt des médicaments, #Qwant et #DeadWistleBlower |
| 22 juillet 2026 | heure non visible | Publication X | « live suicide devant vos bureaux » |
| 22 juillet 2026 | heure non visible | Publication X | Photographie du couteau et rendez-vous à 10 heures le lendemain |
| 22 juillet 2026 | 23 h 48 min 53 s +02:00 | Courriel EML | Objet : « Live suicide devant locaux qwant nice demain 10h » |
| 23 juillet 2026 | 4 h 37 affichée ; fuseau non documenté | Publication X | Rappel du « live suicide devant qwant nice » |
| 23 juillet 2026 | 04 h 44 min 08 s UTC, soit 06 h 44 min 08 s à Paris | Publication Mastodon | Rendez-vous à 10 heures devant Qwant et annonce que du sang serait versé |
Pour les trois publications du 22 juillet dont l'heure n'est pas visible — arrêt des médicaments, annonce devant les bureaux et seconde publication utilisant la photographie du couteau — les captures ne permettent pas de déterminer leur ordre interne avec certitude.
3.1. 17 juillet 2026, heure non visible : grève de la faim, de l'eau et des médicaments
Plusieurs jours avant l'annonce du « live suicide », je publie :
« #greve de faim, de l'eau, nourriture, medicaments. Commence aujourd'hui. »

Pièce — Publication X affichée au 17 juillet, sans heure visible. L'année 2026 est déduite de la continuité du corpus.
Cette publication ne mentionne pas Qwant. Elle constitue néanmoins un élément chronologique important du contexte auto-agressif : elle annonce, avant les messages des 22 et 23 juillet, une privation de nourriture, d'eau et de médicaments susceptible de mettre directement ma santé et ma vie en danger.
3.2. 19 juillet 2026, heure non visible : critique de la communication de Qwant
Quelques jours avant les annonces suicidaires, je critique le discours public présentant Qwant comme un moteur protégeant la vie privée :
« Quand on dit que @Qwant_FR prend les gens pour de la merde »

Pièce — Publication X du 19 juillet 2026, sans heure visible.
3.3. 22 juillet 2026, de 11 h 21 à 11 h 28 : demandes de réponse
Les deux EML adressés à Me Micault fixent les étapes de 11 h 21 min 06 s et 11 h 21 min 21 s. Le premier relance sur l'envoi de données pseudonymisées. Le second formule une question sur une menace de mort que j'attribue à Eric Léandri. L'allégation ne vaut pas preuve de la menace et les EML ne contiennent aucun accusé de remise ou de lecture.
À 11 h 28 min 33 s, le courriel reproduit plus haut demande à Boris Lecœur de répondre sur l'anonymisation et les transmissions alléguées à Bing et Bing Ads. Le passage d'un interlocuteur à l'autre peut être compris comme une recherche de réponse ; il peut aussi être lu comme une relance insistante ou un contournement du canal de l'avocate.
3.4. 22 juillet 2026, 14 h 08 : annonce explicite de mon suicide
En l'absence de réponse, j'écris :
« Bonjour @Qwant_FR vous faites les sourds ? Alors je vais me suicider. »

Pièces — Capture du courriel et fichier EML natif, daté du 22 juillet 2026 à 14 h 08 min 37 s +02:00.
Cette formulation est importante : le sujet grammatical de l'acte annoncé est « je » et l'acte est « me suicider ». Le message ne désigne aucune personne tierce comme devant mourir.
3.5. 22 juillet 2026, 14 h 11 à Paris — 12 h 11 affichée par X : « L'arme du crime »
Je publie depuis mon compte X :
« L'arme du crime @Qwant_FR »
La publication originale (ouvre dans une nouvelle fenêtre) montre un couteau ouvert. La page affiche 12 h 11, le 22 juillet 2026. Son identifiant 2079902031003689253, traité comme l'identifiant Snowflake documenté par X, encode le 22 juillet 2026 à 12 h 11 min 01 s UTC, soit 14 h 11 min 01 s à Paris. La photographie est la même que celle utilisée dans la seconde publication relative au couteau conservée dans ce dossier.
Le courriel EML porte l'horodatage Wed, 22 Jul 2026 14:08:37 +0200. Comparé à l'heure encodée par l'identifiant du tweet, il établit que le courriel précède la publication X d'environ 2 min 24 s. Cette publication est gravement alarmante et doit être intégrée à l'analyse ; elle ne désigne toutefois aucune personne comme devant mourir. Son existence ne permet pas davantage de déterminer comment elle a été portée à la connaissance des policiers ni quels autres messages accompagnaient un éventuel signalement.
3.6. 22 juillet 2026, après 14 h 08 — heure non visible : « Qwant fait le sourd »
Je publie ensuite sur X une capture du courriel précédent :
« @Qwant_FR fait le sourd, ok, je vais faire le mort. »

Pièce — Publication X du 22 juillet 2026 reprenant le courriel « Alors je vais me suicider ». L'heure de publication n'est pas visible, mais la publication est nécessairement postérieure au courriel de 14 h 08 qu'elle reproduit.
La capture intégrée au message conserve le contexte explicite du suicide.
3.7. 22 juillet 2026, heure non visible : arrêt annoncé des médicaments
Je publie également :
« Allez, on arrête tous les médocs. Ça va bien finir. #Qwant #DeadWistleBlower »

Pièce — Publication X du 22 juillet 2026 sur l'arrêt des médicaments ; heure non visible.
Ce message renforce le contexte auto-agressif. Le mot-dièse utilisé — orthographié #DeadWistleBlower dans la capture — associe directement la mort annoncée à la position de lanceur d'alerte que je revendique.
3.8. 22 juillet 2026, heure non visible : annonce d'un « live suicide » devant les bureaux
Je publie :
« Demain @Qwant_FR live suicide devant vos bureaux. Sales merdes. »

Pièce — Publication X du 22 juillet 2026 annonçant un « live suicide » devant les bureaux ; heure non visible.
Le message est injurieux et désigne les bureaux de Qwant comme lieu du passage à l'acte. Il n'annonce toutefois pas littéralement la mort d'un tiers : il annonce un « live suicide ».
3.9. 22 juillet 2026, heure non visible : seconde publication avec la photographie du couteau
Une seconde capture conservée, dont l'heure n'est pas visible, utilise la même photographie du couteau et indique :
« Une belle douille bien tranchante. @Qwant_FR rdv demain 10h pour le live ou plutôt la mort. »

Pièce — Seconde publication X du 22 juillet 2026 utilisant la même photographie du couteau ; heure non visible.
Cette publication cumule plusieurs facteurs alarmants :
- la photographie d'un couteau ouvert ;
- une heure précise ;
- les locaux d'une entreprise comme lieu annoncé ;
- une interpellation directe du compte de Qwant ;
- une formulation associant le « live » à « la mort ».
Ces éléments expliquent qu'une alerte de sécurité ait pu être déclenchée. Ils ne dispensent cependant pas d'examiner le sens donné par les autres messages contemporains : le « live » est qualifié à plusieurs reprises de « live suicide » et la mort annoncée est celle de l'auteur.
3.10. 22 juillet 2026, 23 h 48 : courriel intitulé « Live suicide »
Le soir du 22 juillet, j'envoie un nouveau courriel dont l'objet est :
« Live suicide devant locaux qwant nice demain 10h »

Pièces — Capture du courriel et fichier EML natif, daté du 22 juillet 2026 à 23 h 48 min 53 s +02:00.
La capture ne montre aucun corps de message. L'EML confirme que le corps est vide et conserve l'objet, les champs Date, From, To et Message-ID. Il est adressé à Boris Lecœur et à une avocate. Il n'établit ni sa remise, ni sa lecture.
3.11. 23 juillet 2026, 4 h 37 affichée — fuseau non documenté : rappel public
Le lendemain matin, je publie :
« Petit rappel, demain live suicide devant qwant nice. »

Pièce — Publication X affichant le 23 juillet 2026 à 4 h 37. La capture conservée ne permet pas d'identifier le fuseau appliqué par l'interface.
Là encore, la nature annoncée du passage à l'acte est nommée : « suicide ».
Le mot « demain » est toutefois incohérent avec la date affichée : si cette indication correspond bien au 23 juillet dans le fuseau pertinent, il désigne littéralement le 24 juillet, alors que les autres messages fixent le rendez-vous à 10 h et que l'intervention a eu lieu le 23 juillet. Le corpus ne permet pas de corriger silencieusement cette discordance. Elle peut correspondre à une erreur de formulation commise après minuit, mais cette explication reste une hypothèse.
3.12. 23 juillet 2026, 04 h 44 min 08 s UTC — 06 h 44 min 08 s à Paris : publication Mastodon
Je publie sur mon compte Mastodon :
« Petite douille à 10h devant les locaux de Qwant à Nice.
ça va saigner. »
La publication Mastodon originale (ouvre dans une nouvelle fenêtre) est publique. La copie JSON de l'API conservée dans le corpus porte created_at: 2026-07-23T04:44:08.876Z, soit 06 h 44 min 08 s à Paris en heure d'été. Cette heure provient de la donnée API conservée, non de ma mémoire personnelle. La capture X affiche pour sa part 4 h 37 sans documenter le fuseau ; elle ne permet donc pas d'établir un écart de sept minutes avec Mastodon. La publication Mastodon établit que ces deux formulations provenaient bien de l'une de mes publications. Elle ne montre pas, à elle seule, si elle a été transmise aux services de police, avec quels autres messages, ni pourquoi les actes judiciaires rattachent leur présentation générale au réseau X.
4.1. Le procès-verbal de convocation devant le tribunal
Le 24 juillet 2026, le parquet m'a notifié une convocation devant le tribunal correctionnel et a demandé mon placement sous contrôle judiciaire. Le document indique que j'étais alors présenté sous escorte. Il retrace l'information donnée sur mes droits, notamment l'assistance d'un avocat, l'accès au dossier par celui-ci, la possibilité de faire des déclarations, de répondre aux questions ou de garder le silence. Il précise qu'un avocat commis d'office a été demandé et a pu consulter le dossier avant de s'entretenir avec moi.
Le procès-verbal présente les faits comme une menace de mort visant les personnels de Qwant. Il rattache cette qualification à des publications effectuées sur X sous mon pseudonyme, à la photographie d'un couteau, à l'annonce d'un rendez-vous devant les locaux de Qwant et à plusieurs formulations considérées comme menaçantes. La qualification mentionnée est celle d'une menace matérialisée par un écrit ou une image.
Deux éléments décrits dans le procès-verbal sont documentés indépendamment par les publications publiques reproduites plus haut :
- le tweet du 22 juillet 2026 affiché à 12 h 11 par X, contenant « L'arme du crime @Qwant_FR » ;
- la publication utilisant la même photographie du couteau et annonçant un rendez-vous à 10 heures pour « le live ou plutôt la mort ».
Les deux autres formulations décrites par les actes figurent dans la publication Mastodon du 23 juillet 2026 (ouvre dans une nouvelle fenêtre). Cette publication établit que j'en suis l'auteur. Une question documentaire subsiste cependant. Le procès-verbal rattache sa présentation des messages au réseau X et au pseudonyme que j'y utilisais, alors que la source publique identifiée pour ces deux formulations est mon compte Mastodon. Les pièces disponibles ne permettent pas de savoir si une publication identique existait aussi sur X, si les contenus des deux plateformes ont été réunis dans un signalement ou si une transcription intermédiaire les a fusionnés.
Le document consigne par ailleurs que j'ai spontanément évoqué une plainte à venir contre Qwant. Il vaut convocation personnelle devant une formation correctionnelle à juge unique et prévoit, dans l'attente de l'audience, ma présentation au juge des libertés et de la détention.
4.2. L'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire
Le même jour, le juge des libertés et de la détention m'a placé sous contrôle judiciaire à titre de mesure de sûreté, en considérant que des obligations de contrôle étaient suffisantes. L'ordonnance reprend la qualification de menace de mort, mais désigne cette fois Qwant elle-même plutôt que ses personnels. Elle s'appuie sur la même présentation générale des publications sur X et de la photographie du couteau.
Les obligations peuvent être résumées ainsi :
- poursuivre un suivi de santé ;
- ne pas entrer en contact, directement ou par un moyen de communication, avec les dirigeants et salariés de Qwant ;
- ne pas se rendre aux abords des locaux de Qwant ou de ses filiales ;
- exercer une activité professionnelle ou suivre une formation ;
- respecter l'accompagnement de l'organisme chargé du contrôle.
L'ordonnance confie le suivi de ces obligations aux services et à l'organisme désignés. Elle indique qu'une copie a été remise à la personne poursuivie et à son avocat, puis transmise aux autorités et à l'organisme chargés de son exécution. Elle rappelle enfin qu'un manquement volontaire aux obligations du contrôle judiciaire est susceptible de conduire à un placement en détention provisoire.
5. Comparaison entre le corpus et la présentation judiciaire
| Élément | Corpus conservé | Présentation dans les actes |
|---|---|---|
| Personne dont la mort est annoncée | « je vais me suicider » | menace de mort contre les personnels ou la société Qwant |
| Nature du « live » | « live suicide » à plusieurs reprises | menace de mort visant Qwant |
| Publications associées au couteau | « Une belle douille bien tranchante » et, le 22 juillet 2026 à 12 h 11 affichée par X, « L'arme du crime @Qwant_FR » | reprise de l'expression publiée sur X et des formulations publiées sur Mastodon |
| Mort annoncée | « pour le live ou plutôt la mort » | élément d'une menace contre des tiers |
| Contexte médical et vital | Dès le 17 juillet : grève de la faim, de l'eau et des médicaments ; le 22 juillet : « on arrête tous les médocs » | non mentionné dans l'énoncé de la prévention |
| Contexte revendiqué | #DeadWistleBlower |
non mentionné dans l'énoncé de la prévention |
| Courriel explicite | « Alors je vais me suicider » | non reproduit dans l'énoncé de la prévention |
| Formulations sur le rendez-vous et le sang | publiées sur Mastodon le 23 juillet à 04 h 44 UTC, soit 06 h 44 à Paris | intégrées à une présentation générale rattachée au réseau X |
5.1. Écart entre les formulations concernant la personne menacée
Le premier écart porte sur l'identité de la personne menacée.
Dans le corpus, les formulations explicites sont à la première personne et auto-référentielles :
- grève de la faim, de l'eau et des médicaments annoncée dès le 17 juillet ;
- « je vais me suicider » ;
- « je vais faire le mort » ;
- « live suicide » ;
- « plutôt la mort » ;
- arrêt des médicaments ;
#DeadWistleBlower.
Le procès-verbal et l'ordonnance retiennent pour leur part une menace de mort visant les personnels ou la société Qwant.
Distinction entre l'interlocuteur, le lieu et la personne dont la mort est annoncée.
La mention
@Qwant_FRdésigne l'interlocuteur auquel les publications sont adressées. Les locaux de Qwant désignent le lieu annoncé du passage à l'acte et 10 heures son horaire. Ces éléments ne désignent pas, par eux-mêmes, la personne dont la mort est annoncée. Dans la série complète, celle-ci est explicitement et répétitivement l'auteur des publications : « je vais me suicider », « je vais faire le mort », « live suicide », arrêt des médicaments et#DeadWistleBlower.L'article 222-17 du Code pénal (ouvre dans une nouvelle fenêtre) suppose la menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes. Le caractère alarmant d'une publication ou la peur qu'elle peut susciter ne suffisent donc pas, à eux seuls, à établir l'annonce d'un homicide contre autrui. Il reste nécessaire d'identifier les formulations qui annonceraient la mort d'une personne autre que l'auteur.
La photographie du couteau et les expressions « l'arme du crime » et « ça va saigner » sont gravement alarmantes. Elles ne désignent toutefois, par elles-mêmes, aucune personne tierce comme devant mourir et doivent être confrontées aux formulations contemporaines explicitement auto-agressives. La publication du couteau établit l'existence d'une image alarmante ; elle n'établit, à elle seule, ni que le couteau devait être utilisé contre un tiers, ni qu'il a été transporté devant les locaux de Qwant.
Ces publications pouvaient ainsi justifier une intervention immédiate de sécurité destinée à protéger toutes les personnes concernées, moi compris. Cette nécessité préventive ne tranche pas la qualification pénale de menace de mort contre les personnels de Qwant.
Le tweet X contenant « L'arme du crime » (ouvre dans une nouvelle fenêtre) et la publication Mastodon annonçant le rendez-vous et que du sang serait versé (ouvre dans une nouvelle fenêtre) établissent que les formulations examinées proviennent de mes comptes. Ils ne montrent cependant pas quelles publications X ou Mastodon et quels courriels ont été transmis aux services de police, ni si le contexte suicidaire explicite et répété accompagnait cette transmission. Le signalement initial, ses annexes et les documents d'enquête sont nécessaires pour reconstituer ce cheminement. En leur absence, je n'attribue à aucune personne une sélection volontaire ou une intention de tromper les autorités.
5.1.1 Autres contentieux cités comme éléments de contexte
Dans d'autres contentieux, j'ai contesté la manière dont certaines de mes publications avaient été présentées ou utilisées. Je renvoie ci-dessous à mes analyses et aux décisions correspondantes. Ces précédents constituent des éléments de contexte ; ils ne prouvent ni l'origine de l'écart examiné ici, ni l'intention d'un acteur dans le signalement actuel.
Utilisation de mes tweets devant le conseil de prud'hommes, en première instance et en appel :
Analyse de l'utilisation des tweets devant le conseil de prud'hommes
Analyse des tweets de dénonciation :
Analyse globale Qwant Alerte 2016 - CNIL 2019 et Licenciement
5.2. Les formulations publiées sur X et Mastodon
L'expression « l'arme du crime » figure dans un tweet publié depuis mon compte le 22 juillet 2026 et affiché à 12 h 11 par X (ouvre dans une nouvelle fenêtre) :
« L'arme du crime @Qwant_FR »
Une autre publication X relative au couteau indique :
« Une belle douille bien tranchante. @Qwant_FR rdv demain 10h pour le live ou plutôt la mort. »
Les deux autres formulations figurent dans une publication de mon compte Mastodon datée par l'API du 23 juillet 2026 à 04 h 44 UTC, soit 06 h 44 à Paris (ouvre dans une nouvelle fenêtre) :
« Petite douille à 10h devant les locaux de Qwant à Nice.
ça va saigner. »
Ces trois formulations proviennent donc de mes publications. Une différence de plateforme reste à expliquer : la première figure sur X et les deux autres sur Mastodon, tandis que les actes les réunissent dans une présentation rattachée à X. Sans le signalement initial, ses annexes et le dossier d'enquête, il est impossible de déterminer si le même contenu existait aussi sur X ou comment les publications des deux plateformes ont été regroupées.
5.3. Un contexte auto-agressif non restitué dans la prévention
Prises isolément, les publications montrant le couteau sont particulièrement inquiétantes. Replacées dans la série conservée, elles côtoient plusieurs messages annonçant explicitement mon suicide.
Or l'énoncé de la prévention ne cite pas :
- l'annonce du 17 juillet d'une grève de la faim, de l'eau, de la nourriture et des médicaments ;
- le courriel « Alors je vais me suicider » ;
- la publication « je vais faire le mort » qui reproduit ce courriel ;
- l'arrêt annoncé des médicaments ;
- le mot-dièse
#DeadWistleBlower; - les répétitions de l'expression « live suicide ».
L'analyse documentaire ne peut donc pas s'arrêter aux publications les plus inquiétantes. Elle doit aussi déterminer quels éléments de contexte étaient disponibles, transmis ou connus à chaque stade.
6. Ce que les pièces établissent
Les documents disponibles établissent directement les faits suivants :
- une publication affichée au 17 juillet annonce une grève de la faim, de l'eau, de la nourriture et des médicaments, sans mentionner Qwant ;
- deux EML conservent des relances adressées à Me Micault le 22 juillet 2026 à 11 h 21 min 06 s et 11 h 21 min 21 s +02:00 ; le second formule une question sur une menace de mort que j'allègue subir ;
- un EML conserve une demande de réponse adressée à Boris Lecœur le 22 juillet 2026 à 11 h 28 min 33 s +02:00 ;
- un EML daté du 22 juillet 2026 à 14 h 08 min 37 s +02:00 annonce explicitement que j'allais me suicider ;
- un tweet affiché à 12 h 11 par X contient « L'arme du crime @Qwant_FR » avec la photographie d'un couteau ; son identifiant encode 12 h 11 UTC, soit 14 h 11 à Paris, environ 2 min 24 s après le courriel précédent ;
- plusieurs publications X ont annoncé un « live suicide » devant Qwant ;
- une seconde publication utilisant la même photographie du couteau a fixé un rendez-vous à 10 heures ;
- d'autres messages évoquaient ma mort et l'arrêt de mes médicaments ;
- le procès-verbal a qualifié les faits de menace de mort contre les personnels de Qwant ;
- l'ordonnance a repris une qualification de menace de mort contre la société Qwant ;
- les deux formulations supplémentaires attribuées aux publications dans les actes figurent dans une publication Mastodon datée par l'API du 23 juillet 2026 à 04 h 44 min 08 s UTC, soit 06 h 44 min 08 s à Paris ;
- le contexte auto-agressif complet n'est pas restitué dans l'énoncé de la prévention.
7. Ce que les pièces n'établissent pas encore
Les documents disponibles laissent notamment à établir :
- le contenu exact, l'auteur et la date du signalement initial ;
- les publications X ou Mastodon, les courriels et les captures dont disposait chaque acteur au moment de chaque transmission ;
- l'origine de la copie du tweet contenant « l'arme du crime » éventuellement versée aux enquêteurs ;
- l'existence éventuelle d'une publication X reprenant le contenu publié sur Mastodon ;
- les recherches complémentaires effectuées par les policiers ;
- les étapes ayant conduit à la formulation de la prévention et la place donnée au contexte suicidaire.
Ces questions demeurent non résolues. Les pièces disponibles ne permettent pas d'attribuer l'écart constaté à une sélection volontaire, à une manipulation ou à une personne déterminée.
8. Questions sur le regroupement des publications
Le tweet X et la publication Mastodon établissent que les formulations reprises dans les actes proviennent de mes propres publications.
La comparaison laisse néanmoins plusieurs questions ouvertes :
- quelles publications X ou Mastodon et quels courriels ont effectivement été transmis aux enquêteurs ;
- si les messages annonçant explicitement mon suicide accompagnaient cette transmission ;
- si le contenu publié sur Mastodon avait également été publié sur X ou s'il a été fusionné avec les tweets lors d'une transmission intermédiaire ;
- à quel stade la qualification de menace contre des tiers a été élaborée.
Le fait que l'énoncé de la prévention ne reproduise pas l'ensemble du contexte suicidaire justifie de rechercher la chronologie des informations. Il ne démontre pas, à lui seul, qu'une sélection ou une omission volontaire a eu lieu.
La comparaison établit que « l'arme du crime » figurait dans l'un de mes tweets, que les deux autres formulations figuraient dans une publication Mastodon et que les actes retiennent une menace contre Qwant ou ses salariés, alors que plusieurs messages contemporains annonçaient explicitement mon suicide. Elle ne permet pas de déterminer quels éléments composaient le signalement initial, qui les a transmis ni comment les contenus des deux plateformes ont été réunis. Elle n'établit donc ni une sélection volontaire ni une intention de manipulation.
9. Les pièces nécessaires pour trancher
Pour établir le contenu et la chronologie des informations, il faut obtenir et comparer :
- la plainte, le signalement ou l'appel à l'origine de l'intervention, avec l'identité de son auteur telle qu'elle ressort du dossier ;
- l'intégralité des annexes et captures effectivement transmises, avec leur origine et leur date ;
- le procès-verbal d'audition du représentant ou des salariés de Qwant ;
- le procès-verbal de remise ou d'exploitation des publications ;
- les réquisitions adressées à X et leurs réponses ;
- l'extraction complète des comptes X et Mastodon concernés sur la période pertinente ;
- les procès-verbaux d'enquête retraçant les recherches indépendantes des policiers ;
- une copie ou une archive du tweet contenant « l'arme du crime », de la publication Mastodon contenant les deux autres formulations et de toute éventuelle publication X au contenu identique ;
- les documents établissant à quelle date Qwant a eu connaissance des courriels annonçant explicitement mon suicide ;
- les auditions et réquisitions ayant conduit à la rédaction exacte de la prévention.
Cette comparaison devra répondre à quatre questions :
- Origine : qui a fourni chaque capture ?
- Exhaustivité : quelles publications étaient disponibles pour chaque acteur, lesquelles ont été transmises et lesquelles ont été citées ?
- Fidélité : les citations des actes correspondent-elles exactement aux publications originales ?
- Connaissance : les personnes ayant signalé les faits connaissaient-elles le contexte suicidaire explicite ?
L'accès au dossier pénal est donc prioritaire. Dans une convocation par procès-verbal après défèrement, l'article 394 du Code de procédure pénale (ouvre dans une nouvelle fenêtre) prévoit que l'avocat — ou la personne déférée lorsqu'elle n'est pas assistée — peut consulter le dossier à tout moment. Les demandes d'actes complémentaires et leur fondement procédural doivent ensuite être formulés par conclusions adaptées au mode exact de poursuite, notamment pour obtenir le signalement initial, ses annexes, les réquisitions, les réponses des plateformes et les procès-verbaux retraçant l'origine de chaque publication.
10. Conclusion
Je reconnais la gravité de mes publications. Publier la photographie d'un couteau ouvert, fixer un lieu et un horaire devant une entreprise, interpeller cette entreprise et employer des insultes pouvait provoquer une peur réelle et appeler une intervention immédiate destinée à protéger toutes les personnes concernées, moi compris.
Cette réaction de sécurité ne désigne pas, par elle-même, la personne dont la mort était annoncée.
Reconnaître cette gravité n'empêche pas de comparer précisément les formulations et de rechercher la chronologie complète des informations.
Le corpus réuni dans ce dossier contient de nombreuses formulations explicites de suicide. La prévention, elle, présente les faits comme une menace de mort contre Qwant ou ses personnels. Les formulations reprises par les actes figurent dans mes propres publications : l'une sur X et deux autres sur Mastodon. L'analyse porte sur les messages effectivement transmis aux enquêteurs, leur contexte et la manière dont les contenus de plusieurs plateformes ont été regroupés.
Cet écart est établi par la comparaison des pièces. Son origine, ses étapes et sa cause ne le sont pas. En l'état, rien ne permet de conclure qu'il résulte d'une sélection ou d'une manipulation volontaire par Qwant ou par une personne déterminée.
L'enjeu n'est pas de minimiser le danger de mes publications. Il est de demander qu'elles soient examinées dans leur totalité, avec leur chronologie, leur contexte auto-agressif et leur lien revendiqué avec mes alertes sur Qwant.
Note de publication
Les photographies du procès-verbal de convocation et de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire ne sont pas publiées. Elles ont été retirées du dossier destiné au site. L'article 38 de la loi du 29 juillet 1881 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) interdit, avant leur lecture en audience publique, la publication des actes d'une procédure criminelle ou correctionnelle. Cette interdiction ne constitue pas une interdiction générale de parler de sa procédure : la Cour de cassation, le 7 juillet 2011 (ouvre dans une nouvelle fenêtre), a distingué la reproduction de l'acte de l'analyse, du commentaire et de la publication d'informations puisées dans la procédure. La présente page expose donc les faits, la qualification qui m'a été notifiée et mon analyse, sans publier l'image de l'acte ni en reproduire littéralement le texte.
Le contrôle judiciaire interdit par ailleurs toute entrée en relation avec les dirigeants et salariés de Qwant, notamment par les réseaux sociaux ou par courriel. La publication, son mode de diffusion et toute éventuelle notification à Qwant doivent être examinés au préalable avec l'avocat chargé de la défense.