Analyse détaillée des tweets et rapports directs avec Qwant
Objet et statut de cette page. Cette note expose une lecture documentaire en défense de Stéphane Erard. Elle distingue le texte réellement publié, l'interprétation que Qwant et son conseil lui ont fait porter, les éléments qui corroborent l'alerte et ce qui reste à prouver. Les qualifications de « diffamation », d'« injure », d'« escroquerie » ou de « campagne » reproduites dans les actes de Qwant sont des positions de partie : elles ne constituent pas des faits judiciairement établis.
Qwant s'est désistée et le jugement correctionnel du 3 février 2022 a constaté l'extinction de l'instance engagée par la citation. Cette issue procédurale n'a tranché au fond ni la vérité des propos, ni la bonne foi de leur auteur, ni les qualifications demandées par Qwant. Le résultat procédural est documenté dans « Lanceur d'alerte ».
Conclusion préalable sur la dépendance à Bing
Le corpus technique permet de soutenir fermement les points suivants :
- dans les tags
masterdes 2, 9 et 22 décembre 2016, 100 % des résultats organiques Web non vides servis par le chemin de code contrôlé étaient d'origine Bing, directement ou par l'intermédiaire du cache de sept jours alimenté par Bing ; - ce cache ne créait ni crawl ni index Web autonome : il resservait un résultat antérieurement obtenu de Bing ;
- une interface propre, des filtres, un reclassement, des verticales ou des prototypes d'indexation ne changent pas l'origine des résultats servis sur ce chemin ;
- l'existence de développements propres à Qwant ne réfute donc pas, à elle seule, la qualification fonctionnelle de « proxy vers Bing » ;
- la relation est encore structurelle en 2019 : l'accord annoncé par Microsoft porte notamment sur la recherche algorithmique de Bing et une mesure rapportée cette année-là attribue encore une majorité des résultats à Microsoft.
La position défendue ici est par conséquent la suivante : en septembre 2018, Qwant restait opérationnellement dépendant de Bing pour son service Web généraliste et le noyau factuel du mot « proxy » est solidement étayé. Stéphane Erard affirme que cette dépendance était encore totale au jour de son tweet et qu'il en détenait le code source. Cette déclaration contemporaine d'un ancien développeur ayant eu accès au code constitue elle-même un élément testimonial à confronter aux artefacts, non une affirmation à écarter sans examen. Le corpus public actuellement réuni démontre le taux de 100 % sur le chemin contrôlé de décembre 2016 et une dépendance toujours majoritaire en 2019 ; il ne contient pas encore la version effectivement déployée, les journaux de production ou la ventilation des réponses du 18 septembre 2018 permettant de chiffrer judiciairement ce jour précis à 100 %.
Cette limite de date ne transforme pas « proxy vers Bing » en mensonge. Elle délimite la preuve encore à produire. Le détail du code, du cache et des versions est présenté dans « Sur l'usage de Bing comme source de création de moteur » et « Sur la continuité du discours d'indépendance de Qwant ».
Méthode de relecture
Pour chaque publication, il faut séparer quatre niveaux :
- les mots effectivement publiés ;
- l'imputation supplémentaire construite par Qwant ou son conseil ;
- la base factuelle disponible au moment de l'alerte ou confirmée ensuite ;
- la limite probatoire qui ne doit pas être dépassée.
Une question ne doit pas être réécrite en affirmation catégorique. Un thème général ne doit pas être artificiellement individualisé. La forme interrogative ou l'absence du nom de Qwant n'exclut pas automatiquement toute qualification si le contexte impute un fait précis et rend la cible identifiable ; ce contexte doit toutefois être produit et analysé, non supposé. Enfin, la transmission d'une donnée, sa pseudonymisation, sa ré-identification possible, son utilisation publicitaire et sa « vente » au sens juridique sont des questions distinctes.
Séquence préalable de 2016 : T1, T2 et T3
T1, T2 et T3 sont trois publications des 25 et 26 août 2016. La citation directe regroupe ensuite huit extraits dans sa séquence de 2018, mais ce regroupement ne garantit pas leur date d'origine : le fil présenté comme « Tweet 6 » remonte au 25 novembre 2016. T1 est par ailleurs reproduit dans l'entrée présentée plus bas comme « Tweet 3 » : il s'agit du même texte, non de deux alertes d'origine indépendantes.
T1 | 25 août 2016 à 05:46
Texte visible :
« Qq1 saurait retrouver ce papier de recherche déclarant qu'avec un nuage d'IPs pseudo-anonymisés, on pouvait identifier les personnes ? ~ ? »

Commentaire en défense :
- T1 est une demande de référence scientifique, pas l'affirmation qu'une personne déterminée aurait été identifiée.
- Il ne nomme ni Qwant, ni Bing, ni Microsoft.
- La question avait une base scientifique sérieuse : dès 2012, une étude Microsoft Research fondée sur des journaux Bing mesurait une précision de 79,33 % pour reconnaître un même hôte avec le couple
User-Agent + IPv4 /24. - La CNIL a ensuite qualifié les données transmises par Qwant à Microsoft de pseudonymes, et non d'anonymes. Cette qualification ultérieure ne prouve pas une ré-identification concrète en 2016, mais elle invalide l'idée selon laquelle la question aurait été techniquement fantaisiste.
Limite : T1 ne démontre ni qu'un utilisateur a reçu un nom civil, ni que Microsoft a procédé à une ré-identification. Il met en cause la robustesse d'une prétention à l'anonymat irréversible.
T2 | classé au 25 août 2016
Texte visible :
« ~ "oh non t'inquiète, on enlève le dernier octet, ça ne craint rien" »
La carte jointe affiche le titre "Anonymized" data really isn't—and here's why not et le domaine arstechnica.com.

Commentaire en défense :
- T2 critique, sur un mode ironique, l'affirmation absolue selon laquelle retirer le dernier octet d'une IPv4 supprimerait tout risque.
- Aucun acteur n'est nommé dans le texte visible.
- Le propos est cohérent avec T1 : la troncature réduit la précision, mais ne suffit pas nécessairement à rendre irréversible toute individualisation lorsqu'elle est combinée à la requête, au navigateur, à la langue ou à d'autres données.
- Le tweet ne dit pas que l'IPv4
/24, prise isolément, révèle immédiatement l'identité civile d'une personne.
Limite : la capture n'affiche qu'un âge relatif de « 12 h » ; son classement au 25 août 2016 vient du dossier documentaire. T2 ne prouve pas, isolément, un flux Qwant vers Microsoft.
T3 | 26 août 2016 à 09:37 UTC selon l'identifiant visible
Texte visible :
« @MicrosoftAds Hi, I'd like my website to publish some ads to generate some revenue. May I have a contact with you ? Thanks. »

Commentaire en défense :
- T3 sollicite publiquement un contact publicitaire ; il ne nomme pas Qwant et ne révèle pas de secret.
- Dans la séquence T1-T3, la demande est compatible avec une vérification de la chaîne publicitaire et de la relation avec Microsoft.
- Stéphane Erard présente cette démarche comme un « prank » ; les pièces reproduites ci-dessous corroborent fortement le caractère non officiel du compte choisi.
- Qwant a elle-même rattaché cette publication à son activité en reprochant, dans l'avertissement du 7 septembre 2016, une prise de contact avec « un de [ses] partenaires de chez Microsoft ». Ce rattachement vient de Qwant, non du texte du tweet.
Limite : le tweet ne prouve ni réponse, ni contrat, ni revenu. Le corpus soutient que le compte était probablement non officiel, sans établir avec certitude son statut exact au 26 août 2016.
T3 — preuves convergentes du caractère « prank » ou non officiel du compte
T3 ne contacte pas le compte vérifié de Microsoft Advertising. Il interpelle @MicrosoftAds, dont plusieurs pièces contestent fortement le caractère officiel.

La capture montre un profil intitulé « MicroSoft Ads Center », utilisant @MicrosoftAds, un visuel Windows XP, cinq publications anciennes, un anglais maladroit et aucun signe visible de vérification officielle. Son apparence est cohérente avec un compte d'imitation ou de plaisanterie ; cette capture seule ne date toutefois pas son état au 26 août 2016.

La pièce P05b conserve la trace d'un fichier nommé compte microsoftads is a fake.PNG, daté du 8 septembre 2016, soit treize jours après T3 et le lendemain de l'avertissement. Cette trace établit la contemporanéité de la qualification de faux compte dans le dossier ; elle ne remplace pas la capture native qui portait ce nom.


Les pièces P06 et P07 montrent l'autre chaîne d'identifiants : @BingAds renvoie vers @MSFTAdvertising, profil vérifié de Microsoft Advertising, inscrit depuis juillet 2008. Cette comparaison renforce la conclusion selon laquelle @MicrosoftAds n'était vraisemblablement pas le canal officiel utilisé par Microsoft Advertising.
Conclusion favorable à la défense : Stéphane Erard présente T3 comme un prank. Le choix d'un compte à l'apparence d'imitation et la trace contemporaine compte microsoftads is a fake.PNG corroborent fortement cette explication. T3 ne démontre aucune démarche commerciale réelle auprès de Microsoft, aucune réponse et aucun profit personnel. Présenter ce seul tweet comme un contact effectif avec un partenaire commercial de Qwant transforme l'apparence du compte et la portée observable de la publication.
Limite : faute d'export natif certifié retraçant le compte au 26 août 2016, le caractère non officiel est fortement soutenu, mais l'état exact du profil et l'intention subjective de plaisanter à cette date ne sont pas définitivement établis par les captures seules.
L'avertissement du 7 septembre 2016 : Qwant s'auto-identifie face aux tweets d'alerte publics

Treize jours après T1 et T2, et douze jours après T3, l'avertissement signé par le président de Qwant, Éric Léandri, écrit :
« Nous avons constaté que, depuis quelques jours, vous dénigrez la société Qwant sur votre compte Twitter, notamment en vous plaignant de vos conditions de travail, ou même en mettant en doute une des caractéristiques essentielles du moteur de rechercher Qwant, à savoir la préservation de l'anonymité des recherches. »
Puis :
« De la même manière, nous avons constaté que, toujours par la voie de votre compte Twitter, vous aviez pris contact avec un de nos partenaires de chez Microsoft, à des fins commerciales personnelles. »
Le courrier ajoute que ce comportement pourrait être « extrêmement dommageable », prononce l'avertissement et annonce que son renouvellement pourrait entraîner des sanctions plus graves.
Ce que Qwant écrit elle-même
- T1 et T2 ne nomment aucune entreprise, mais Qwant affirme qu'ils dénigrent « la société Qwant ».
- T1 et T2 interrogent la pseudonymisation et le retrait du dernier octet, et Qwant rattache elle-même ce thème à une caractéristique essentielle de son moteur : « la préservation de l'anonymité des recherches ».
- T3 nomme seulement
@MicrosoftAds, compte très vraisemblablement non officiel, mais Qwant le présente comme « un de nos partenaires de chez Microsoft ». - Qwant reconnaît avoir suivi ou reconstitué l'activité du compte Twitter « depuis quelques jours », en avoir isolé plusieurs thèmes et les avoir utilisés dans une procédure disciplinaire.
- La réaction matériellement documentée à ces publications techniques est un avertissement assorti de la menace de sanctions plus graves en cas de renouvellement.
Qwant fournit ainsi elle-même le lien qui n'existe pas dans les tweets. Le rattachement ne vient ni de T1, ni de T2, ni du texte de T3 : il est écrit par Qwant dans un acte disciplinaire contemporain.
Pourquoi cet avertissement possède, dans la thèse de Stéphane Erard, une portée auto-incriminante
Dans la thèse de Stéphane Erard, l'avertissement possède une portée auto-incriminante lorsqu'il est rapproché des autres pièces : Qwant se reconnaît dans des alertes publiques générales sur l'IPv4 /24, admet qu'elles touchent sa promesse essentielle d'anonymat, rattache spontanément le compte très vraisemblablement non officiel à sa propre relation Microsoft et documente une réaction disciplinaire à cette alerte.
Qwant ne peut pas utiliser T1 et T2 pour sanctionner leur auteur au motif qu'ils mettaient en cause sa promesse de confidentialité, puis soutenir que l'objection relative à l'IPv4
/24ne lui avait pas été portée à connaissance. L'avertissement prouve au minimum la connaissance de l'objection, l'auto-identification de Qwant et l'usage disciplinaire de ces tweets publics.
La qualification probatoire la plus robuste reste cependant précise : l'avertissement établit directement une auto-identification certaine, un auto-rattachement documentaire, une prise de connaissance de l'alerte et une réaction disciplinaire. Le mot « auto-incrimination » décrit ici, dans son sens courant et argumentatif, l'inférence tirée du rapprochement avec le code, l'état de l'art et les constatations ultérieures ; il ne désigne pas la garantie procédurale pénale consistant à ne pas contribuer sous contrainte à sa propre incrimination, exposée dans le guide de la CEDH sur l'article 6 (ouvre dans une nouvelle fenêtre). La lettre seule n'avoue ni la fausseté technique de la promesse d'anonymat, ni une infraction, ni une intention de tromper.
Le courrier ne reproduit pas les URL des trois tweets. Leur rattachement repose donc sur la proximité chronologique et la correspondance précise des deux thèmes : anonymité des recherches pour T1-T2, contact Microsoft pour T3. Voir « De l'alerte publique à l'alerte interne », « Sur l'auto-identification de Qwant » et « L'avertissement prouve que Qwant savait ».
L'alerte interne du 19 décembre 2016 auprès de Victoire Yau
La séquence ne s'arrête pas au « prank » allégué de T3 ni à la réaction disciplinaire de Qwant. Le 19 décembre, dans une conversation que le classement et la chronologie du corpus rattachent à 2016 — les captures elles-mêmes n'affichent que 19/12 — Stéphane Erard reprend le problème en interne auprès de Victoire Yau.

Le dossier la présente comme la CIL de Qwant. La pièce professionnelle établit au minimum une qualité de Legal Officer, avec des missions affichées de conformité CNIL et d'analyse des risques juridiques liés aux partenariats. Elle était donc une interlocutrice cohérente pour un signalement portant sur les données personnelles et le flux Microsoft/Bing. La capture ne porte toutefois pas le titre formel de « correspondante Informatique et Libertés », de DPO ou de référente d'alerte : une désignation officielle sous l'un de ces statuts reste à produire.

Dans la première capture, Stéphane Erard demande si les CGU expliquent l'envoi d'informations pseudo-anonymisées à Bing. Il écrit notamment :
« au sens de la cnil, les infos pseudo anonymisés ne sont pas des infos anonymisés il me semble »
Il s'interroge également, en termes prudents, sur la date d'ajout de Bing dans la FAQ, puis corrige sa propre hypothèse en envisageant que seule la FAQ de Qwant Lite ne soit pas à jour.

Dans la seconde capture, Victoire Yau affirme d'abord que Qwant n'envoie « rien à Bing ». Stéphane Erard répond :
« ce n'est pas ce que j'ai vu partir en prod 😁 »
Il précise que son « problème éthique » porte sur l'usage de Bing, l'information donnée à ce sujet et « l'envoi de ppi pseudo anonymisés à bing sur chaque requête web ». La réponse finale de Victoire Yau admet au moins l'envoi de « la requête + la provenance de la requête », tout en maintenant une position différente sur l'adresse IP et le profilage.
Une capture complémentaire rend explicite le lien avec T1 et T2. Stéphane Erard y décrit l'envoi allégué de « l'ip en /24 (cad sans le dernier nombre) avec le user agent et la requête », tout en ajoutant aussitôt : « ça a peut être changé depuis hein ». Cette phrase documente la précision technique du signalement et sa réserve temporelle ; elle reste une déclaration de son auteur dans la conversation. Le code et l'historique Git sont les pièces distinctes qui permettent d'en éprouver matériellement le contenu.
Ce que cette alerte implique — et ce qu'elle n'établit pas seule
- Le « prank » est circonscrit à T3. Il explique le choix allégué d'un compte Microsoft très vraisemblablement non officiel ; il ne transforme pas en plaisanterie le fond de l'objection sur Bing, l'IPv4
/24et la pseudonymisation. En décembre, ce fond est exposé sérieusement à la fonction juridique et conformité de Qwant. - L'alerte change de canal et de précision. T1 et T2 étaient publics, généraux et ne nommaient pas Qwant. L'échange du 19 décembre est interne, nominatif et directement rattaché à la production, aux CGU, à la FAQ, à Bing et aux données personnelles.
- La connaissance interne est documentée. La fonction juridique/conformité reçoit directement l'objection selon laquelle pseudonymiser n'est pas anonymiser et la déclaration d'un développeur disant avoir observé le flux en production. Cela interdit de présenter ce problème comme n'ayant jamais été soulevé en interne. La pièce ne prouve cependant ni une remontée à la direction, ni les vérifications effectuées, ni la suite donnée.
- La continuité et la bonne foi sont renforcées, non définitivement jugées. Le même noyau technique relie la veille publique d'août à l'alerte interne de décembre. Les formulations « il me semble », « a (avait ?) », « à l'époque en tout cas » et la reconnaissance d'éléments favorables à Qwant constituent des indices de prudence et de discussion contradictoire.
- Le cadre Sapin II devient pertinent. L'échange, attribué par le dossier au 19 décembre 2016, est postérieur à l'entrée en vigueur, le 11 décembre, de la loi Sapin II. Son article 8, I, dans sa version initiale (ouvre dans une nouvelle fenêtre) organisait un premier signalement au supérieur hiérarchique, à l'employeur ou à un référent désigné, tandis que la version alors applicable de l'article L. 1132-3-3 du Code du travail (ouvre dans une nouvelle fenêtre) protégeait le signalement répondant aux conditions légales. Les modalités détaillées du décret n° 2017-564 (ouvre dans une nouvelle fenêtre), entrées en vigueur le 1er janvier 2018, ne peuvent pas être exigées rétroactivement. L'échange peut donc soutenir une argumentation de signalement interne protégé. Il ne suffit pas, à lui seul, à établir la désignation de Victoire Yau comme référente au sens de l'article 8, toutes les conditions légales de la protection ni la qualité de lanceur d'alerte revendiquée.
- La causalité disciplinaire doit respecter les dates. L'alerte interne ne peut pas avoir causé l'avertissement du 7 septembre, qui lui est antérieur. Elle précède en revanche le licenciement de mai 2017 et devient donc pertinente pour examiner la thèse de représailles ultérieures, sans en constituer à elle seule la preuve.
Portée probatoire la plus robuste : le choix allégué d'un faux compte pour T3 et le caractère sérieux de l'alerte ne sont pas contradictoires. Les pièces montrent qu'après les tweets publics, le problème technique et éthique a été formulé de manière explicite au sein de Qwant, auprès d'une juriste chargée de conformité CNIL. Elles documentent une alerte professionnelle et une connaissance interne du désaccord ; le flux complet, le statut formel de la destinataire, les suites et le lien causal avec les sanctions doivent être établis par d'autres pièces.
Le contenu technique complet et le cadre juridique historique sont détaillés dans « De l'alerte publique à l'alerte interne » et « Sur le traitement des lanceurs d'alerte par la justice et le gouvernement ».
1. Bing n'était pas un simple appoint abstrait
Le code étudié montre un appel systématique à Bing sur le chemin Web contrôlé lorsque la réponse n'est pas déjà en cache. Le cache est lui-même alimenté par les réponses Bing. Dans ce périmètre, parler d'une dépendance de 100 % décrit l'origine des résultats organiques Web non vides, pas l'absence de toute ligne de code ou de toute interface propre à Qwant.
L'annonce officielle Microsoft-Qwant du 17 mai 2019 confirme que la coopération portait sur Azure, Microsoft Advertising et la recherche algorithmique de Bing. La transparence sur l'existence d'un fournisseur ne répond pas à la question du degré réel de dépendance ni à l'écart éventuel avec une présentation publique d'autonomie.
2. IPv4 /24 et User-Agent n'étaient pas des données « inexistantes »
Le chemin publicitaire étudié transmettait notamment la requête, le User-Agent, l'IPv4 tronquée en /24 et le référent. Cette combinaison pouvait servir la contextualisation, la géolocalisation approximative et l'individualisation technique. Elle ne prouve pas, à elle seule, l'identité civile d'un utilisateur ni la constitution par Microsoft d'un profil longitudinal.
La communication officielle de la CNIL du 11 février 2025 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) retient que les données adressées à Microsoft étaient pseudonymes et non anonymes, et que l'information fournie par Qwant était inexacte ou incomplète sur la finalité publicitaire et sa base légale. La CNIL indique également ne pas avoir constaté de suivi dans le temps pour ces annonces contextuelles, et relève une erreur initiale d'analyse ainsi que la coopération de Qwant. Ces éléments favorables à Qwant doivent être conservés dans une analyse loyale.
Les éléments scientifiques, le code et leurs limites sont détaillés dans « Sur l'état de l'art de la ré-identification ».
3. L'audit Cardiweb doit être articulé sans ajouter le mot « escroquerie »
Le corpus contient des échanges et des éléments de code donnant une base factuelle à la question d'éventuels retraits de parties dites « sensibles » avant ou pendant l'audit : identification d'éléments « sensibles », préparation sur une branche séparée demo, retrait de l'appel visible à Bing et remplacement par un call fake décrit comme réalisé « comme demandé ». Il ne contient toutefois pas encore le rapport d'audit natif, la copie complète du code effectivement présenté, les instructions intégrales de mission ou la démonstration d'une tromperie déterminante de l'investisseur.
L'arrêt prud'homal de 2022 a retenu l'explication d'un test de fonctionnalité et considéré que Stéphane Erard ne démontrait pas la dissimulation ou la pression alléguée. Cette appréciation défavorable doit être citée. Elle n'autorise pas pour autant à placer dans la bouche du tweet le mot « escroquerie », absent du texte. Voir « Sur l'audit Cardiweb, les financements et la protection alléguée d'Éric Léandri ».
Tweet 1 | 5 septembre 2018
Texte exact :
« Est-ce que cela s'appliquera aux entreprises qui mentent ? »

Lecture ajoutée par Qwant : le mot « entreprises » désignerait nécessairement Qwant et lui imputerait un mensonge déterminé.
Commentaire en défense :
- Le tweet est une question générale ; il ne nomme ni Qwant, ni un dirigeant, ni un produit.
- Il n'énonce aucun fait précis permettant, dans le texte seul, d'identifier l'objet d'un prétendu mensonge.
- La proximité d'une procédure prud'homale peut être discutée comme contexte ; elle ne remplace ni la désignation de Qwant ni la preuve d'une intention de nuire.
- Transformer cette question en qualification directe de Qwant comme « menteur » ajoute au texte ce qu'il ne dit pas.
Limite : un contexte extérieur peut parfois permettre l'identification d'une personne visée, mais ce contexte et sa réception par les lecteurs doivent être démontrés ; ils ne peuvent être seulement présumés.
Tweet 2 | 13 septembre 2018 (1)
Texte exact :
« et l'IPv4/24 du user ainsi que son user agent ? »

Lecture ajoutée par Qwant : la question affirmerait que ces deux données identifient à coup sûr un utilisateur et servent nécessairement à son ciblage ultérieur.
Commentaire en défense :
- Le tweet est elliptique et interrogatif. Il demande pourquoi l'IPv4
/24et le User-Agent ne sont pas pris en compte dans une présentation de la publicité comme reposant « exclusivement » sur le mot-clé. - L'existence matérielle de ces champs dans le flux vers Microsoft est corroborée par le code, avec la requête, le référent, la locale et le marché. Ils ne sont donc ni imaginaires ni inventés pour les besoins du litige.
- La question est pertinente : une adresse tronquée et un User-Agent restent des signaux techniques susceptibles d'affiner contexte, géolocalisation ou individualisation.
- La qualification ultérieure de la CNIL — données pseudonymes, non anonymes — contredit la réfutation catégorique selon laquelle l'IPv4
/24aurait été dépourvue de tout caractère personnel ou de tout enjeu.
Limite : le tweet ne démontre pas qu'une identité civile a été retrouvée ni qu'un historique publicitaire a été constitué. La CNIL n'a pas constaté de suivi dans le temps dans le mécanisme examiné.
Tweet 3 | 13 septembre 2018 (2) — reproduction de T1
Texte de T1 reproduit dans la capture :
« Quelqu'un saurait retrouver ce papier de recherche déclarant qu'avec un nuage d'IPs pseudo anonymisés on pouvait identifier les personnes ? »

Lecture ajoutée par Qwant : Stéphane Erard affirmerait que Qwant ou Microsoft a effectivement identifié des personnes et aurait inventé une source scientifique.
Commentaire en défense :
- La publication reproduit une demande de source de 2016 ; elle ne constitue pas une nouvelle affirmation factuelle autonome.
- Le texte ne nomme toujours pas Qwant et reste formulé comme une question.
- La littérature scientifique antérieure à 2016 donne une base sérieuse au risque évoqué. La décision ultérieure de la CNIL confirme surtout le point terminologique décisif : les données étaient pseudonymes et non anonymes.
- La qualité de développeur de Stéphane Erard ne prouve pas qu'il « savait » sa question fausse. Elle peut, au contraire, expliquer sa connaissance du flux et le sérieux de l'interrogation technique.
Limite : risque ou possibilité de ré-identification ne signifie pas preuve d'une ré-identification effectivement réalisée dans un cas déterminé.
Tweet 4 | 16 septembre 2018
Texte exact :
« ce qu'il y a de cool maintenant que c'est passé, c'est que je peux tweeter sans que Laurent Salem, avocat de Qwant, appelle mon avocate pour lui dire “votre client tweete encore gna gna gna” et ils n'ont jamais porté plainte en diffamation. Malgré leurs menaces »

Lecture ajoutée par Qwant : l'absence de plainte serait présentée comme la preuve que toutes les alertes étaient vraies et que Qwant était coupable.
Commentaire en défense :
- Le tweet décrit la perception d'une pression procédurale : appels à son avocate, reproches relatifs aux tweets et menaces de plainte.
- Il ne dit pas que l'absence de plainte démontre juridiquement la vérité de toutes les publications précédentes.
- Au jour du message, l'observation « ils n'ont jamais porté plainte » porte sur un état de la procédure ; Qwant a ensuite engagé une citation directe.
- Le ton moqueur ne suffit pas à transformer ce récit en imputation d'une infraction.
Limite : les appels et menaces doivent être corroborés par les correspondances, notes ou attestations disponibles ; l'absence de plainte, prise isolément, ne prouve pas la véracité du fond.
Tweet 5 | 18 septembre 2018 (1)
Texte exact :
« Bon, maintenant @qwant_FR si nous parlions de l'audit fait par @cardiweb pour la @caissedesdepots ? et les manipulations de codes qui ont eu lieu pour “retirer” ce qui était “sensible” (mot de @jcchemin) ? »

Lecture ajoutée par Qwant : le tweet imputerait une « véritable escroquerie » à l'égard de la Caisse des Dépôts et affirmerait que l'investissement a été obtenu par fraude.
Commentaire en défense :
- Le tweet porte sur un sujet précis d'intérêt public : l'intégrité d'un audit technique lié à un investisseur public.
- Il attribue des modifications de code et cite les mots « retirer » et « sensible » en les rattachant à
@jcchemin. Ce n'est donc pas une simple opinion abstraite ; la défense doit l'articuler aux échanges et versions de code correspondants. - Les courriels contemporains donnent un socle concret à cette articulation : branche
demo, retrait du code d'appel visible à Bing et remplacement par uncall fake« comme demandé ». Ces éléments rendent la question sérieuse, même s'ils ne suffisent pas à eux seuls à prouver ce que l'auditeur a effectivement vu ou compris. - Le texte ne contient ni le mot « escroquerie », ni l'affirmation qu'un investissement déterminé aurait été causé par ces modifications, ni l'énoncé de tous les éléments d'une fraude.
- L'interprétation de Qwant transforme une question sur les conditions d'un audit en qualification pénale beaucoup plus large.
Limite et élément contraire : le corpus public ne suffit pas encore à établir une dissimulation intentionnelle ayant trompé Cardiweb ou la Caisse des Dépôts. L'appréciation prud'homale de 2022 a retenu l'explication du test de fonctionnalité et jugé la démonstration insuffisante. La production du rapport d'audit natif, du code effectivement audité et de la chaîne complète des instructions demeure nécessaire.
Tweet 6 | fil du 25 novembre 2016, daté du 18 septembre 2018 par la citation
Contexte conservé : David Dadon demande à Guillaume Champeau si Qwant utilise toujours l'API Bing. Guillaume Champeau répond :
« Oh c'est une vieille histoire ça, mauvaise communication à l'époque. Mais techniquement nécessaire. »
Stéphane Erard lui répond :
« @gchampeau @daviddadon Donc “mentir” était techniquement nécessaire, si je vous ai bien compris ? »

Anomalie documentaire : les identifiants conservés dans le corpus rattachent l'échange au 25 novembre 2016. La citation le présente pourtant comme un tweet du 18 septembre 2018 et en retranche le dialogue visible.
Lecture ajoutée par Qwant : la réponse deviendrait une injure autonome affirmant comme un fait acquis que Qwant ment systématiquement et que son fonctionnement dépend du mensonge.
Commentaire en défense :
- « Donc » reprend directement la réponse de Guillaume Champeau, qui associait « mauvaise communication » et nécessité technique.
- « si je vous ai bien compris ? » est une demande de confirmation adressée à des interlocuteurs identifiés, pas une invective isolée.
- Le mot « mentir » est bien la reformulation polémique de Stéphane Erard : Guillaume Champeau ne l'a pas lui-même employé. Mais effacer les mentions, le propos auquel il répond, le point d'interrogation et la condition change matériellement son sens.
- Le fil porte précisément sur le recours de Qwant à l'API Bing, ce qui le relie au débat documenté sur l'écart entre communication d'indépendance et dépendance opérationnelle.
Limite : il faut vérifier dans la pièce native si le tweet a été republié le 18 septembre 2018 ou seulement constaté puis mal daté dans la citation. Le contexte est analysé dans « Sur les déclarations de Guillaume Champeau ».
Tweet 7 | 18 septembre 2018 (3)
Texte visible corrigé :
« Diffamation ? Qwant était bien (et l'est encore) un proxy vers Bing. @qwant_FR quand vous voulez pour la plainte en diffamation, j'ai le code source. »

Lecture ajoutée par Qwant : « proxy » signifierait que Qwant n'a jamais développé aucun composant, aucun index ni aucune technologie propre ; la formule serait donc entièrement fausse dès qu'un seul développement interne est montré.
Anomalie de transcription : la capture lit « l'est encore ». La citation directe transcrit « l'ai encore », erreur grammaticale qui ne doit pas être attribuée à l'auteur du tweet.
Commentaire en défense :
- Le tweet vise la fonction opérationnelle du service généraliste : recevoir une requête, obtenir les candidats de Bing, éventuellement les mettre en cache, les adapter ou les reclasser, puis les restituer sous l'interface Qwant.
- Dans les tags
masterdes 2, 9 et 22 décembre 2016, 100 % des résultats organiques Web non vides du chemin contrôlé sont d'origine Bing, directement ou via le cache alimenté par Bing. Sur ce chemin, la dépendance à la source est totale. - Un cache de sept jours ne devient pas un index autonome : il conserve temporairement des réponses issues de Bing. De même, filtres, présentation, reclassement ou verticales propres ne changent pas l'origine des documents candidats.
- L'existence d'un index interne partiel, artisanal, expérimental ou non appelé sur ce chemin ne réfute pas le constat. Il faudrait démontrer sa contribution effective aux résultats servis aux utilisateurs.
- Le fait que Qwant ait mentionné l'usage de Bing dans une FAQ ne répond pas à la critique. La question n'est pas l'existence secrète d'un fournisseur, mais l'écart entre un usage présenté comme complémentaire et une dépendance opérationnelle mesurée.
- « J'ai le code source » annonce la pièce technique invoquée pour soumettre l'affirmation à vérification ; le texte ne menace pas de publier illicitement ce code.
- L'annonce officielle Microsoft-Qwant de mai 2019 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) confirme que Bing fournissait encore la recherche algorithmique dans le partenariat. Une mesure rapportée en septembre 2019 attribue 64 % des résultats à Microsoft et 36 % à Qwant : elle ne prouve pas rétroactivement le taux exact de septembre 2018, mais confirme qu'une dépendance majoritaire subsistait encore un an après le tweet.
Conclusion sur ce tweet : « proxy vers Bing » est une caractérisation technique substantiellement étayée, non une fausseté démontrée. Le 100 % est établi pour le chemin de code contrôlé de décembre 2016. L'affirmation contemporaine de Stéphane Erard selon laquelle cette dépendance totale persistait le 18 septembre 2018 est cohérente avec la continuité documentaire, mais sa quantification exacte à cette date doit encore être consolidée par le code déployé et les journaux de production correspondants. L'absence actuelle de ces artefacts publics ne démontre ni le contraire ni la fausseté du tweet.
Tweet 8 | 19 octobre 2018
Transcription donnée par la citation directe :
« Quand Qwant envoie mon IPv4/24 à Bing Ads pour mieux me cibler et en vendant cette donnée d'une manière ou d'une autre »

Réserve de transcription : la capture conservée est de faible définition et paraît comporter notamment les mots « sans me le dire », absents de la transcription de Qwant. Tant que la pièce n° 7, p. 48, ou l'export natif n'a pas été relu en haute définition, la phrase ci-dessus doit rester présentée comme la transcription de la citation, non comme le « texte exact » certifié du tweet.
Lecture ajoutée par Qwant : le tweet affirmerait une vente juridique directe de fichiers personnels et la constitution certaine d'un profil individuel suivi dans le temps.
Commentaire en défense :
- Le noyau matériel est corroboré : Qwant transmettait à la chaîne Microsoft Advertising la requête et des signaux comprenant l'IPv4
/24et le User-Agent. - La finalité était économique et publicitaire. Qwant monétisait les annonces servies dans le cadre de sa relation avec Microsoft ; la transmission n'était donc pas étrangère au modèle de revenus.
- La CNIL a ensuite retenu que les données étaient pseudonymes, non anonymes, et que l'information de Qwant était inexacte ou incomplète quant à la finalité publicitaire et à sa base légale. Cela donne une assise sérieuse à l'alerte sur la transmission et la monétisation.
- Dans le langage polémique du tweet, « vendant cette donnée d'une manière ou d'une autre » peut se lire comme la description d'une valorisation économique indirecte au sein d'un échange contractuel, non comme l'affirmation technique d'une cession juridique isolée d'un fichier d'adresses.
- L'Autorité de la concurrence (ouvre dans une nouvelle fenêtre) décrit plus tard le couplage économique entre la fourniture de résultats algorithmiques de Bing et l'exclusivité Microsoft Advertising. Ce constat ultérieur éclaire le modèle économique sans prouver, à lui seul, chaque modalité contractuelle de 2018.
Limite et élément contraire : le mot « vendant » est moins précis que « transmettant et monétisant indirectement ». Le corpus ne démontre pas une vente juridique de la donnée prise isolément. La CNIL n'a pas constaté de suivi publicitaire dans le temps dans le dispositif examiné et n'a pas retenu une volonté de contourner le RGPD.
Tableau de synthèse : texte, base factuelle et limite
| Élément | Ce que dit réellement le texte | Base favorable à la défense | Limite à préserver |
|---|---|---|---|
| T1 | Recherche d'une publication scientifique | Littérature antérieure et qualification CNIL « pseudonyme » | Pas de ré-identification concrète prouvée |
| T2 | Critique ironique de la troncature du dernier octet | Une /24 combinée à d'autres signaux n'est pas nécessairement anonyme |
Ne prouve aucun flux Qwant isolément |
| T3 | Prank allégué : demande publique à @MicrosoftAds |
Compte non officiel fortement soutenu ; Qwant le rattache elle-même à son partenaire Microsoft | État exact du compte et intention subjective non certifiés ; aucun revenu prouvé |
| Alerte interne du 19 décembre 2016 | Signalement à la fonction juridique/CNIL sur Bing, les CGU/FAQ, la pseudonymisation et la production | Continuité du noyau d'alerte, connaissance professionnelle revendiquée et réception interne documentée | Année issue du classement ; statut formel de CIL/référente, flux complet, suites et causalité non établis par les captures seules |
| 1 | Question générale sur les entreprises qui mentent | Aucun fait ni destinataire Qwant dans le texte | L'identification par contexte reste à discuter |
| 2 | Question sur /24 et User-Agent |
Champs réellement transmis ; enjeu confirmé par la CNIL | Pas d'identité civile ni de suivi prouvé |
| 3 | Reproduction interrogative de T1 | Base scientifique réelle ; données pseudonymes | Possibilité n'est pas réalisation |
| 4 | Récit d'appels et menaces de plainte | Décrit une pression procédurale alléguée | Appels à corroborer ; silence ne prouve pas le fond |
| 5 | Question sur audit et retraits de code « sensible » | Échanges et versions à articuler ; sujet d'intérêt public | Intention de tromper non établie ; appréciation 2022 contraire |
| 6 | Réponse interrogative à « mauvaise communication […] techniquement nécessaire » | Contexte Bing explicite ; la citation supprime le dialogue et date en 2018 un fil de 2016 | Reformulation polémique ; republication éventuelle à vérifier |
| 7 | Qualification de Qwant comme proxy Bing | 100 % Bing sur le chemin Web contrôlé fin 2016 ; dépendance encore majoritaire rapportée en 2019 | Taux exact du 18 septembre 2018 à documenter |
| 8 | Transmission, ciblage et valorisation économique | Flux et finalité publicitaire corroborés ; CNIL : pseudonyme, information incomplète | Pas de vente juridique isolée ni de profil longitudinal prouvé |
Qualité d'ancien salarié et sérieux de la base factuelle
La qualité d'ancien salarié et de développeur ne constitue pas une « fausse autorité technique » par principe. Elle explique l'accès de Stéphane Erard au code, aux échanges et au fonctionnement qu'il décrit. Sa valeur doit être appréciée pièce par pièce : version du code, date, périmètre, déploiement et concordance avec les documents externes.
De même :
- publier avant ou pendant un contentieux prud'homal ne prouve pas une vengeance ;
- plusieurs tweets rapprochés ne prouvent pas une campagne « coordonnée » sans élément d'organisation avec des tiers ;
- un ton provocateur ou polémique ne rend pas faux le noyau matériel d'une alerte ;
- l'intérêt public des sujets — moteur présenté comme souverain, données d'utilisateurs, partenaire publicitaire et audit lié à des fonds publics — doit être intégré à l'appréciation du sérieux de la démarche ;
- les éléments contraires, notamment l'appréciation prud'homale de 2022 et les constats favorables à Qwant relevés par la CNIL, doivent rester visibles pour que l'argumentation soit crédible.
Conclusion générale
La lecture accusatoire initiale durcissait systématiquement les textes : questions changées en certitudes, possibilité scientifique changée en ré-identification effective, interrogation sur un audit changée en « escroquerie », dépendance à Bing changée en négation de toute technologie propre, et valorisation publicitaire changée en vente juridique certaine d'un fichier personnel.
La relecture documentaire conduit à une conclusion différente :
- T1, T2, T3 et plusieurs tweets de 2018 sont généraux, interrogatifs ou conditionnels ; Qwant leur ajoute une cible ou une certitude absente des mots publiés.
- Les pièces relatives à
@MicrosoftAdscorroborent fortement l'explication du prank et l'absence de contact avec un canal officiel ; c'est Qwant qui transforme T3 en démarche auprès de « l'un de [ses] partenaires ». - L'avertissement du 7 septembre fournit lui-même le rattachement manquant entre les tweets publics, Qwant, sa promesse d'anonymat et Microsoft. Il établit directement l'auto-identification de Qwant, sa connaissance de l'objection et sa réaction disciplinaire ; sa portée auto-incriminante au sens plus large résulte du rapprochement avec les autres pièces.
- L'échange interne du 19 décembre documente le passage d'une veille publique générale à un signalement précis adressé à la fonction juridique/CNIL. Il soutient la continuité, le sérieux et la connaissance interne de l'alerte, sans prouver seul le statut formel de la destinataire, les suites données ni une représaille.
- Les alertes sur l'IPv4
/24, le User-Agent et la pseudonymisation reposaient sur une base technique et scientifique sérieuse, ultérieurement confortée sur des points essentiels par la CNIL. - Le tweet Cardiweb porte une allégation grave qui doit rester reliée aux pièces et à l'appréciation judiciaire contraire de 2022 ; le mot « escroquerie » est toutefois une extrapolation de Qwant, pas une citation de Stéphane Erard.
- Le tweet « proxy vers Bing » possède une base technique particulièrement forte : sur le chemin contrôlé de décembre 2016, la source des résultats organiques Web non vides était Bing à 100 %. Les composants propres de Qwant ne réfutent pas cette origine. La persistance exacte du taux de 100 % au 18 septembre 2018 demeure une thèse de Stéphane Erard, fortement contextualisée mais encore à compléter par les artefacts de production de cette date.
- Le tweet du 19 octobre 2018 décrit un flux et une monétisation réels. Son mot « vendant » doit être défendu comme une formulation polémique de la valorisation économique indirecte, sans le présenter comme la preuve d'une vente juridique autonome.
Ainsi, le corpus ne justifie pas de présenter cette séquence documentaire comme une suite d'affirmations techniquement fausses ou comme une « vengeance organisée ». Il montre une alerte d'ancien salarié fondée sur des éléments techniques réels, exprimée parfois de façon polémique, avec des degrés de preuve différents qui doivent être assumés explicitement.
Références documentaires principales
- Analyse des détournements de la citation directe
- Rapport sur la citation directe Qwant de 2018
- De l'alerte publique à l'alerte interne
- Sur l'usage de Bing comme source de création de moteur
- Sur l'état de l'art de la ré-identification
- Sur l'audit Cardiweb, les financements et la protection alléguée d'Éric Léandri
- Sur les déclarations de Guillaume Champeau
- Communication CNIL du 11 février 2025 (ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Annonce Microsoft-Qwant du 17 mai 2019 (ouvre dans une nouvelle fenêtre)