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Voir fautes de l'avocate

Audit Cardiweb, financements publics et protection alléguée d’Éric Léandri : un faisceau à instruire

Avertissement probatoire

Cette page distingue les pièces matérielles, les témoignages attribués, les hypothèses tirées de leur rapprochement et ce qui a déjà fait l’objet d’une appréciation judiciaire défavorable. Elle ne présente ni une fraude aux financements publics, ni une responsabilité individuelle, ni une intervention politique comme judiciairement établie.

Objet : réunir, dans un document autonome, les éléments auparavant mêlés à l’analyse des déclarations de Guillaume Champeau, sans confondre l’audit de 2016, les décisions de financement et le conflit de gouvernance de 2019.

Date de la revue : 11 août 2026.

1. Conclusion

Les pièces publiques réunies établissent une séquence matérielle sérieuse autour de l’audit CDC/Cardiweb de juin 2016 : identification préalable de projets « sensibles », proposition de préparer l’API sur une « branche à part », création d’une branche demo, retrait visible de l’appel à Bing et remplacement par un appel qualifié de fake, « comme demandé », avant la présentation.

Rapprochés du témoignage de Stéphane Erard sur une consigne orale de confidentialité, de sa corroboration contemporaine limitée et du retour ultérieurement contrôlé d’un chemin de release vers des résultats Web d’origine Bing, ces éléments permettent de soutenir l’hypothèse d’une volonté de dissimulation à l’égard de l’auditeur. Ils ne révèlent cependant pas, à eux seuls, le code effectivement montré, les explications données, ce que Cardiweb a compris, ni l’effet causal de la présentation sur la décision de la Caisse des Dépôts.

Une décision judiciaire contraire doit rester au centre de l’analyse : le 10 mars 2022, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a retenu l’explication d’un test fonctionnel et a jugé que la dissimulation alléguée n’était pas prouvée dans le litige prud’homal. Le faisceau documentaire justifie donc une instruction complémentaire ; il ne peut pas être présenté comme une fraude déjà consacrée par la justice.

Les communications de la BEI et de la CDC établissent séparément que la vie privée, l’anonymisation ou l’anonymat, l’indépendance technique et l’indexation propre figuraient parmi les qualités publiquement invoquées pour justifier les concours accordés à Qwant. Les contrats, le rapport Cardiweb, le dossier du comité d’investissement et les déclarations et garanties ne sont pas produits : la traduction contractuelle et le caractère juridiquement déterminant de ces qualités restent à établir.

Une transcription attribuée à Jean-Baptiste Piacentino ajoute une chronologie de connaissance possible : un « gros mensonge au début », puis des « gens de la caisse » qui auraient « compris » l’« histoire technique » et pour lesquels elle ne serait plus une surprise en janvier 2018. Cet élément rend compatibles une tromperie lors de la décision initiale et une compréhension ultérieure par certains interlocuteurs. Il ne date pas ce changement, n’identifie personne à la Caisse et ne constitue pas un verbatim authentifié.

Enfin, la formule « protéger le soldat Léandri », publiée en 2020 par Le Média à partir d’une source anonyme, se rapporte au conflit de gouvernance de l’automne 2019. Elle documente une protection politique alléguée, dans un contexte postérieur et distinct. Elle ne prouve ni l’auteur d’une consigne, ni un ordre d’Emmanuel Macron, ni un lien avec la préparation de l’audit de 2016.

2. Périmètre et sources publiques

Cette synthèse s’appuie uniquement sur des éléments déjà publiés dans le corpus :

Les chapitres 39, 40 et 48 demeurent les analyses détaillées de référence. La présente page les articule sans transformer leur proximité thématique en corroboration indépendante.

3. Chronologie séparant les séquences

Date Élément Statut et portée
28 octobre 2015 La BEI annonce 25 M€ de financement InnovFin et associe Qwant à la vie privée, à l’anonymisation et à la neutralité. Motifs publics établis ; contenu contractuel non produit.
Début juin 2016 Stéphane Erard situe une réunion ouverte par « ce qui va être dit ici ne doit pas en sortir », puis consacrée notamment à Bing et à Bing Ads. Témoignage direct consigné après les faits ; verbatim non enregistré.
17 juin 2016 Un courriel attribué au responsable technique demande d’identifier ce qui est « sensible » dans les projets voulus par Cardiweb. Préparation documentaire contemporaine de l’audit.
20 juin 2016 Des courriels proposent une « branche à part », puis décrivent la branche demo, le retrait de Bing et un appel fake, « comme demandé ». Écrits contemporains ; ils ne montrent pas à eux seuls la présentation effectivement faite.
Vers novembre 2016 Guillaume Champeau rejoint Qwant, après la préparation documentée de l’audit. Ses déclarations ultérieures ne prouvent pas une participation personnelle à la séquence de juin.
19 décembre 2016 Un échange Skype mentionne « ce que j’ai vu partir en prod » et les « propos de jc en réunion ». Corroboration limitée de la réunion et de son thème, non du verbatim ou de l’intention.
2 février 2017 La CDC annonce 15 M€ en fonds propres et invoque notamment l’indépendance, la sécurité et l’anonymat. Motifs publics établis ; dossier de décision et pacte non produits.
19 janvier 2018 Une transcription attribue à Piacentino un « gros mensonge au début », puis affirme que les « gens de la caisse ont compris » et connaissaient une « histoire technique ». Contenu attribué d’un PDF sélectif ; il suggère une compréhension acquise, sans dater le changement ni authentifier le verbatim.
Automne 2019 Selon une source anonyme citée par Le Média, une consigne de « protéger le soldat Léandri » aurait été donnée pendant le conflit de gouvernance. Allégation journalistique postérieure, distincte de l’audit.
18 mai 2020 Marc Endeweld publie l’enquête rapportant cette formule. Publication établie ; auteur de la consigne et source primaire non identifiés.
10 mars 2022 La cour d’appel d’Aix-en-Provence retient l’explication d’un test fonctionnel et rejette la preuve de la dissimulation alléguée. Appréciation judiciaire contradictoire défavorable, toujours applicable.

4. Audit CDC/Cardiweb : le faisceau matériel

Les éléments ne se réduisent pas au seul mot fake.

Élément Source Portée
Réunion ouverte, selon le témoignage de Stéphane Erard, par « ce qui va être dit ici ne doit pas en sortir » Note de provenance Consigne orale rapportée pendant la période de l’audit ; le verbatim n’est pas enregistré.
Échange Skype du 19 décembre 2016 mentionnant les « propos de jc en réunion » Même note de provenance Corroboration limitée de l’existence et du thème de la réunion ; aucune corroboration autonome de l’intention.
Demande d’identifier ce qui est « sensible » dans les projets examinés par Cardiweb Courriel du 17 juin 2016 reproduit dans la note d’audit Préparation explicite des sujets sensibles avant présentation.
« préparer l’API avant » et proposition d’une « branche à part » Courriel attribué à Pierre Vignaux, 20 juin 2016 à 9 h 25 Préparation d’un état distinct de l’API.
Branche demo, appel à Bing retiré et remplacé par un appel fake, « comme demandé » Courriel attribué à Jonathan Cassar, 20 juin 2016 à 9 h 53 Indice documentaire direct d’un masquage visible de Bing dans le code préparé.
Préparation de SonarQube et question sur la date de présentation après ces modifications Courriels du 20 juin 2016 Confirme que les changements précèdent la séquence de présentation à l’auditeur.
Chemin de release ultérieurement contrôlé orienté vers Bing pour les résultats Web non vides Objets Git analysés au chapitre 40 Renforce l’écart entre la préparation et le fonctionnement du chemin versionné ; déploiement exact à documenter.

Pris ensemble, ces éléments constituent un faisceau convergent en faveur d’une présentation orientée de l’API. La preuve manquante demeure décisive : rapport Cardiweb, archive exacte de la branche montrée, consignes de démonstration, réponses de Qwant et témoignage des auditeurs.

La formulation probatoirement soutenable est donc :

Une volonté de dissimulation pendant l’audit est sérieusement étayée comme hypothèse par des pièces contemporaines convergentes. Son attribution individuelle, son effet sur la décision de la CDC et sa qualification pénale définitive ne sont pas établis par le corpus disponible.

5. La décision judiciaire contraire du 10 mars 2022

Dans le litige prud’homal, Qwant soutenait que le fake call était un test destiné à montrer les capacités autonomes du moteur en excluant les résultats Bing. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a retenu cette explication et a considéré que les courriels du 20 juin justifiaient le retrait de l’appel Bing « aux fins de tester la fonctionnalité » du logiciel. Elle a conclu que le salarié ne prouvait ni la dissimulation de Bing pendant l’audit CDC, ni les pressions alléguées pour y parvenir.

Cet arrêt constitue une appréciation judiciaire contradictoire défavorable. Il porte sur les éléments soumis dans un litige du travail ; il ne constitue pas une enquête pénale sur l’obtention des 15 M€ et ne déclare pas qu’une fraude était juridiquement impossible. Il interdit néanmoins de présenter la branche demo comme une preuve de dissimulation déjà reconnue par la justice.

Stéphane Erard impute aussi cette issue à des actes et omissions qu’il qualifie de fautes professionnelles manifestes, graves et inexcusables de Me Camille Poinat, notamment l’absence alléguée d’articulation probatoire des pièces et de demande ciblée de production. Cette qualification, son lien causal et la perte de chance alléguée ne sont pas judiciairement établis ; l’arrêt demeure applicable. L’analyse détaillée figure au chapitre 31.

6. Monsieur Y et la localisation à Nice

La page 7 du recueil prud’homal intitulé Nos pièces 25 à 30.pdf, marquée manuscritement « 27 », contient une capture attribuée à une discussion avec Monsieur Y. Les conclusions de première instance répertorient également la pièce 27 comme « SMS avec Monsieur Monsieur Y ». La capture contient notamment :

« Ça a toujours été dit oralement... »

« Et l’audit, j’ai pas trop été mis au courant... »

Ces phrases corroborent le caractère oral de la consigne alléguée et le fait que Monsieur Y dit avoir été peu informé de l’audit. Elles ne disent pas que l’audit s’est principalement tenu à Nice.

Le corpus contient séparément un récit écrit par Stéphane Erard en juillet 2017 selon lequel un auditeur Cardiweb l’a audité une journée sur le site de Nice avant de repartir à Paris vers 15 h 45, ainsi qu’une demande adressée à son avocate d’interroger un témoin sur « la période d’audit de CardiWeb, à Nice ». Cela situe au moins une séquence sur site à Nice, sans mesurer la part respective de Nice et Paris.

L’audio avec Monsieur Y, sa transcription intégrale et la pièce 27 native doivent être retrouvés avant toute citation plus large.

7. Guillaume Champeau : une séquence postérieure

Guillaume Champeau indique dans la discussion privée qu’il n’était pas présent lors de l’audit. Sa prise de fonctions chez Qwant est postérieure aux courriels de juin 2016. Les indices relatifs à la branche demo concernent d’abord les auteurs, destinataires et personnes présentes dans la chaîne de décision de l’époque.

Ses contradictions ultérieures sur l’index, Bing, Bing Ads et les données peuvent documenter la continuité ou la minoration du récit public de Qwant. Elles peuvent aussi éclairer la connaissance acquise après son arrivée. Elles ne prouvent ni sa participation à la préparation de l’audit, ni une consigne personnelle reçue pour protéger Éric Léandri. Leur analyse propre figure au chapitre 51.

8. « Protéger le soldat Léandri » : un contexte institutionnel distinct

La formule exacte retrouvée n’est pas « il faut sauver Léandri ». Dans une enquête de Marc Endeweld publiée par Le Média le 18 mai 2020, un proche non nommé d’Olivier Sichel affirme que des pouvoirs publics auraient exercé des pressions pendant le conflit de gouvernance de l’automne 2019 et qu’il fallait :

« protéger le soldat Léandri »

La publication de cette phrase est établie. Son statut reste celui d’un témoignage journalistique anonyme : l’article ne révèle pas l’informateur, ne nomme pas l’auteur de la consigne et ne produit aucun écrit contenant cet ordre.

Cet élément documente une protection politique alléguée dans un contexte postérieur. Il ne prouve ni un ordre d’Emmanuel Macron, ni un lien personnel avec Guillaume Champeau, ni une intervention lors de l’audit de 2016. Le chapitre 48 en analyse les sources et les réseaux sans transformer leur juxtaposition en causalité démontrée.

9. Anonymat et financements BEI/CDC

Les sources institutionnelles établissent que l’anonymat, la vie privée, la neutralité et l’indépendance technique ont été présentés comme des qualités importantes du projet financé :

  • le communiqué de la BEI du 28 octobre 2015 annonce un financement de 25 M€ sous InnovFin et associe Qwant au respect de la vie privée, à l’anonymisation des requêtes et à la neutralité ;
  • le communiqué conjoint CDC/Qwant du 2 février 2017 annonce 15 M€ en fonds propres et relie l’engagement de la CDC à un moteur présenté comme indépendant, garantissant notamment la sécurité et l’anonymat des utilisateurs.

Ces textes établissent la matérialité publique de ces qualités dans la justification des concours. Ils ne publient ni le contrat de financement BEI, ni le rapport Cardiweb, ni le dossier du comité d’investissement, ni le pacte CDC complet. Ils ne permettent donc pas d’affirmer qu’une clause imposait littéralement un « anonymat absolu » ou que sa méconnaissance entraînait automatiquement remboursement ou sanction.

La transcription Piacentino ne remplace pas ces documents. Elle attribue néanmoins une articulation temporelle importante : « gros mensonge au début », puis « les gens de la caisse ont compris ». Elle soutient donc la piste d’une information acquise ultérieurement, et non l’affirmation simplificatrice d’une connaissance identique avant, pendant et après l’investissement. Le moment, le canal, l’objet précis de l’« histoire technique » et les interlocuteurs concernés restent à établir.

La formulation exacte est :

L’anonymat et la protection des données faisaient partie des qualités publiquement invoquées pour justifier les concours BEI et CDC. Leur traduction contractuelle et leur poids causal exact restent à établir par les contrats, rapports, décisions, déclarations et garanties.

10. Matrice de qualification

Proposition État
Les courriels de juin 2016 décrivent une branche distincte, le retrait visible de Bing et un appel fake « comme demandé » Établi comme contenu des pièces publiques examinées
Le corpus montre exactement le code présenté à Cardiweb et les explications données Non
Une volonté de dissimulation pendant l’audit peut être soutenue Hypothèse sérieusement étayée par un faisceau convergent
La justice a reconnu cette dissimulation Non : l’arrêt du 10 mars 2022 a retenu l’explication contraire d’un test fonctionnel
Une fraude à l’investissement et les responsabilités individuelles sont définitivement jugées Non
La vie privée, l’anonymat et l’indépendance figuraient dans les motifs publics des concours BEI et CDC Établi
La transcription attribue à Piacentino un mensonge initial, puis une compréhension ultérieure par les « gens de la caisse » Établi comme contenu attribué ; audio, auteur et chronologie exacte non authentifiés
La CDC savait déjà lors de l’audit de 2016 ou de l’investissement annoncé en 2017 Non établi par cette transcription
Les contrats imposaient juridiquement un anonymat absolu Non établi : contrats et pacte complet non produits
Monsieur Y affirme que l’audit s’est principalement tenu à Nice Non
Le Média a publié la formule « protéger le soldat Léandri » Établi comme publication d’un propos attribué à une source anonyme
L’auteur de cette consigne ou un ordre d’Emmanuel Macron est prouvé Non
Guillaume Champeau a participé à l’audit de juin 2016 Non établi ; sa prise de fonctions est postérieure

Formulation forte et soutenable

La consigne de confidentialité rapportée pendant la période de l’audit s’articule avec des courriels contemporains demandant de préparer l’API sur une branche séparée, retirant l’appel visible à Bing et le remplaçant par un appel fake, « comme demandé », avant la présentation. Ce faisceau permet de soutenir sérieusement l’hypothèse d’une volonté de dissimulation à l’égard de Cardiweb et de la CDC. La transcription Piacentino suggère ensuite qu’un mensonge initial aurait été compris ultérieurement par des interlocuteurs de la Caisse, sans dater ni authentifier cette connaissance. L’arrêt du 10 mars 2022 a toutefois retenu l’explication contraire d’un test fonctionnel. Le rapport d’audit, le code effectivement montré, les documents du comité et les auditions restent nécessaires pour dépasser cette appréciation, reconstruire la chronologie et arrêter une qualification juridique.

Formulations à éviter

  • « la justice a déjà reconnu la dissimulation » ;
  • « Guillaume Champeau a participé à la fraude de l’audit de juin 2016 » ;
  • « Monsieur Y dit que l’audit s’est principalement tenu à Nice » ;
  • « le contrat BEI ou CDC imposait l’anonymat », tant que la clause n’est pas produite ;
  • « la CNIL a reconnu la fraude à l’investissement » ;
  • « la CDC savait dès l’origine » ou, inversement, « la CDC n’a jamais rien su », tant que la chronologie interne n’est pas établie ;
  • « Emmanuel Macron a ordonné de protéger Léandri » ;
  • « la protection politique alléguée en 2019 prouve la préparation de l’audit de 2016 ».

12. Pièces décisives à obtenir

  1. lettre de mission, cahier des charges, rapport provisoire et rapport final Cardiweb ;
  2. archive exacte du dépôt ou de la branche montrée, consignes de démonstration, comptes rendus et liste des personnes entendues ;
  3. messages natifs de juin 2016 avec en-têtes complets et pièces jointes ;
  4. dossier et procès-verbal du comité d’investissement CDC, pacte d’actionnaires, déclarations, garanties et avenants ;
  5. enregistrement natif complet de l’entretien attribué à Piacentino, identité et attestation du transcripteur, puis identification des interlocuteurs de la Caisse et de leur canal d’information ;
  6. contrat BEI, annexes techniques, dossier d’instruction, rapports de suivi et conditions de décaissement ;
  7. audio Monsieur Y, transcription intégrale et pièce prud’homale 27 native ;
  8. source primaire, auteur et chaîne de transmission de la consigne rapportée par Endeweld.
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