Guillaume Champeau — analyse de la discussion privée et des déclarations publiques
Objet : confronter les déclarations attribuées à Guillaume Champeau aux sources techniques, aux communications de Qwant et aux constatations de la CNIL.
Date de la revue initiale : 31 juillet 2026. Mise à jour : 1er septembre 2026.
1. Conclusion
Les pièces permettent d'établir plusieurs contradictions objectives et importantes dans les déclarations de Guillaume Champeau :
- en 2018, il affirme catégoriquement qu'une adresse IP tronquée « n'est plus identifiante » ; la CNIL conclut, pour le traitement Qwant-Microsoft examiné, que les données n'étaient pas anonymes mais seulement pseudonymisées ;
- en octobre 2018, il répond « Nope, jamais » à la question de l'envoi de l'IP à Bing Ads ; le code Qwant de 2016 obtient pourtant l'IP complète, en dérive un
/24, puis transmet ce/24à Bing Ads avec leUser-Agentet la requête ; - en janvier 2019, il affirme qu'aucune donnée personnelle n'est transmise aux régies publicitaires ; la CNIL conclut ensuite que Qwant transmettait à Microsoft des données personnelles pseudonymisées ;
- dans la discussion privée de janvier 2022, il affirme qu'« en 2016 il n'y avait pas de publicités Bing Ads » ; le code versionné de 2016 comporte le flux Bing Ads et l'Autorité de la concurrence situe le début de la relation contractuelle publicitaire Microsoft-Qwant en 2016.
La fin de la discussion privée est particulièrement révélatrice. Guillaume Champeau soutient qu'il existait « tout un débat » sur le couple IP tronquée + User-Agent. Lorsque Stéphane Erard lui oppose que le /24 ne peut être fabriqué qu'après traitement de l'IP complète et que ce traitement n'était pas annoncé, il maintient qu'« il y a débat », puis refuse d'entrer dans la discussion.
Il faut distinguer trois questions :
- le traitement de l'IP complète pour fabriquer le
/24: dans le code Qwant étudié, ce traitement est matériellement établi et ne fait pas débat ; - la qualification du jeu de données transmis : Qwant l'a contestée, mais avait déjà publiquement adopté en octobre 2020 la conclusion issue de ses échanges avec la CNIL — données « pseudonymisées », et non « anonymisées » — sans modifier une ligne de code ;
- l'information des utilisateurs : il faut rechercher si la politique expliquait la réception de l'IPv4 complète, sa réduction au
/24, l'association auUser-Agentet à la requête, le destinataire Microsoft et la finalité publicitaire. La CNIL a constaté que l'information disponible lors de ses contrôles de 2019 était inexacte et incomplète.
Ces affirmations ne sont pas seulement imprécises : elles sont matériellement fausses dans le périmètre documenté de l'index Web de production, de Bing Ads, du traitement préalable de l'IP et des données transmises à Microsoft.
Sur l'indépendance de l'index, la contradiction est particulièrement forte. Guillaume Champeau présentait publiquement Qwant en novembre 2016 comme le seul moteur français ayant « son propre index indépendant ». Dans la discussion privée de 2022, il qualifie au contraire l'index de 2016 d'« artisanal » et ne situe son usage pour une majorité des requêtes qu'en 2021. Rapprochées du code versionné de décembre 2016, ces déclarations permettent de soutenir qu'il mentait sur l'indépendance effective de l'index Web alors présenté au public. Il s'agit d'une conclusion éditoriale fondée sur une contradiction documentée, non d'un mensonge judiciairement constaté.
Pour Bing Ads, l'IP tronquée et les données personnelles, la fausseté matérielle des affirmations est établie dans le périmètre étudié. Leur répétition, les fonctions exercées par Guillaume Champeau, sa revendication d'un travail personnel sur les « garde-fous » Microsoft et sur la « mise en conformité », sa connaissance déclarée de la saisine de la CNIL, la correction publique opérée par Qwant en 2020 et le maintien en 2022 d'un prétendu « débat » forment un faisceau sérieux en faveur d'une présentation consciente, sélective et orientée, et non d'une simple imprécision isolée. Le refus immédiat de répondre à l'objection technique précise constitue une esquive documentée. L'intention personnelle à chacune des dates reste néanmoins une inférence documentaire sérieuse à instruire contradictoirement, et non un fait judiciairement établi.
Guillaume Champeau n'était pas un commentateur extérieur à Qwant. Il rejoint l'entreprise vers novembre 2016 comme directeur de l'Éthique et des Relations publiques, puis est officiellement présenté en janvier 2019 comme directeur Éthique et Affaires juridiques. Dans un entretien de 2018, il décrit lui-même des missions proches de celles d'un « DPO avant l'heure » ; le Sénat le présente sous son titre Éthique et Affaires juridiques. Ses déclarations sur les données, l'anonymisation et la conformité relevaient donc directement de son champ professionnel. Ces sources n'établissent toutefois ni un mandat social, ni sa qualité formelle de DPO, ni sa participation à l'audit de juin 2016.
2.1. Captures publiques réunies dans ce répertoire
| Fichier | Date affichée | Contenu principal |
|---|---|---|
tweet_champeau_index_2016.png |
21 novembre 2016 | Qwant présenté comme le seul moteur français disposant de « son propre index indépendant » |
tweet_champeau_api_bing_2017.png |
13 janvier 2017 | Certains résultats seraient complétés par l'API Bing, « actuellement » les images |
tweet_champeau_ip_tronquee_2018.png |
17 septembre 2018 | L'adresse IP tronquée ne serait « plus identifiante » et couvrirait « des milliers de personnes » |
tweet_champeau_aveu_2024.png |
17 mars 2024 | Guillaume Champeau revendique avoir « mis le site en conformité en 2019/2020 ». La capture publique recadrée n'affiche que « 17 mars » ; une seconde capture complète conservée dans le dossier procédural affiche « Mar 17, 2024 » et 20 h 35. |
2.2. Discussion privée
La discussion est conservée dans le PDF joint au courriel R-006 :
Il s'agit d'un assemblage de captures dans un PDF, et non d'un export natif de la messagerie Twitter/X. Les identifiants des messages, leurs URL, leurs dates absolues et l'exhaustivité du fil ne sont pas établis par le fichier seul. L'enchaînement et les heures affichées sont néanmoins lisibles.
2.3. Pièces de confrontation
- publication Qwant BetterWeb datée du 23 octobre 2020 ;
- dossier de plainte CNIL biffé et OCR, 272 pages ;
- notice publique de la CNIL sur Qwant (ouvre dans une nouvelle fenêtre) ;
- état de l'art de la ré-identification ;
- analyse de la fraude alléguée aux financements publics ;
- chronologie des communications de Qwant sur l'anonymat ;
- politique Qwant archivée le 8 août 2020, page 2 ;
- chronologie des représentants de Qwant ;
- synthèse distincte sur l'audit Cardiweb, les financements et la protection alléguée d'Éric Léandri.
3. Tableau des quatre captures du répertoire
| Date | Déclaration attribuée à Guillaume Champeau | Confrontation | Conclusion et limite |
|---|---|---|---|
| 21 novembre 2016 | « connaissez-vous @qwantcom ? #FrenchTech, respecte autant votre privée, et seul à avoir son propre index indépendant. » | Les tags master des 2, 9 et 22 décembre 2016 étudiés au chapitre 40 montrent que 100 % des résultats Web organiques non vides du chemin contrôlé proviennent directement de Bing ou du cache de résultats antérieurement fournis par Bing. Dans la discussion privée de 2022, Champeau qualifie lui-même l'index de 2016 d'« artisanal » et ne situe son usage pour une majorité des requêtes qu'en 2021. |
L'affirmation publique est beaucoup trop générale et incompatible avec l'indépendance du chemin Web de production documenté fin 2016. Elle ne permet pas de nier l'existence d'un crawler, d'un index partiel, d'autres verticales ou de prototypes. |
| 13 janvier 2017 | « certains résultats sont complétés avec l'API de Bing. C'est actuellement le cas des images. » | Dans search_images.php du tag v1.32.1, dernier tag disponible avant la publication, la source Web par défaut construit directement l'appel à Bing Images V5 et se replie sur Bing Azure : aucune fusion avec un jeu de candidats provenant d'un index Images Qwant n'apparaît. Dans search_web.php, la liste webBrainLocales est vide et le chemin Web contrôlé sélectionne également Bing V5 ou Bing Azure. |
Le verbe « compléter » présente un apport subsidiaire que ces chemins ne matérialisent pas : Bing fournit le jeu de candidats lui-même. Présentation objectivement minorante et techniquement trompeuse dans le périmètre versionné ; la phrase ne contient toutefois pas le mot « uniquement » et ne suffit pas, isolément, à établir l'intention personnelle. |
| 17 septembre 2018 | « Non l'adresse IP tronquée n'est plus identifiante, ça recouvre des milliers de personnes. » | Le /24 résulte du traitement préalable de l'IP complète. Un /24 IPv4 contient 256 adresses. Surtout, la CNIL conclut que le jeu transmis par Qwant à Microsoft n'était pas anonyme mais pseudonymisé et restait constitué de données personnelles. L'état de l'art Microsoft de 2012 mesurait déjà le pouvoir d'individualisation du couple User-Agent + IPv4 /24. |
Contradiction directe pour le traitement Qwant-Microsoft examiné. Le nombre de personnes derrière 256 adresses peut varier dans le temps, mais « des milliers » n'est pas une propriété nécessaire du /24 et ne démontre pas l'anonymat. |
| 17 mars 2024, date affichée par la capture complète conservée dans le dossier procédural | « C'est moi qui ai mis le site en conformité en 2019/2020 quand j'ai été aux manettes du juridique. » | La plainte CNIL date du 15 mars 2019 ; les contrôles sont menés sur sa base ; Qwant publie en octobre 2020 qu'il est « plus juste » de parler de pseudonymisation après ses échanges avec la CNIL, sans changement du code ; la CNIL indique que la politique a été corrigée en conséquence. | Revendication rétrospective directe d'un rôle personnel antérieur à la discussion de janvier 2022. Elle ne précise pas seule les actes, traitements ou corrections personnellement réalisés et doit être authentifiée par la source native. |
3.1. Pourquoi « compléter » ne décrit pas les chemins versionnés
Dans le langage ordinaire d'un moteur de recherche, l'onglet Web fournit les résultats généraux tandis que les Images constituent un vertical. La publication du 13 janvier 2017 répond précisément à une comparaison entre les résultats Images de Bing et ceux de Qwant et à l'accusation de « marque blanche ». Le code immédiatement antérieur ne montre pourtant pas quelques images Bing ajoutées à un ensemble provenant de Qwant : pour la source Images Web par défaut, il parse la réponse Bing elle-même. Des sources optionnelles Flickr et 500px existent et doivent être distinguées ; elles ne constituent pas un index Images propre à Qwant et ne changent pas le fonctionnement de la source par défaut discutée dans le fil.
Le chemin Web général contrôlé ne matérialise pas davantage un complément. Dans les tags master du 21 novembre 2016 et dans v1.32.1 du 22 décembre, aucune locale n'est active dans webBrainLocales ; les candidats Web non vides viennent donc de Bing V5, de Bing Azure ou du cache de résultats antérieurement obtenus de Bing. Qwant peut ensuite nettoyer, filtrer ou reclasser ces candidats, mais ces opérations ne leur donnent pas pour source un index Qwant indépendant.
Cette confrontation ne prouve pas quel tag était déployé sur chaque serveur le 13 janvier 2017 ni la part du trafic global passée par ces méthodes. Elle établit que la description publique en termes de résultats seulement « complétés » ne correspond pas au comportement programmé des chemins versionnés disponibles et rend nécessaire d'identifier les configurations, journaux de déploiement et explications internes personnellement connus de Guillaume Champeau.
4. Autres déclarations publiques conservées dans le dossier CNIL
Ces publications n'apparaissent pas dans les quatre fichiers du présent répertoire, mais figurent dans les pièces remises avec la plainte CNIL. Elles sont nécessaires pour ne pas réduire l'analyse à une seule capture.
| Date | Déclaration | Pièce | Confrontation |
|---|---|---|---|
| 25 novembre 2016 | « oh c'est une vielle histoire ça, mauvaise communication à l'époque. Mais techniquement nécessaire » ; puis « j'ai été le premier à le critiquer pour ça à l'époque, avec mon ancienne casquette ;) jusqu'à ce qu'on m'explique mieux. » | Statuts 802129357804359680 et 802132298221178880, également référencés dans un EML conservé en réserve confidentielle |
Champeau reconnaît une « mauvaise communication » sur Bing et dit avoir changé de position après une explication interne qu'il ne rend ni vérifiable ni démontrée. |
| 24 septembre 2018 | « Qwant ne dépose AUCUN cookie pendant votre navigation. Ni quand vous faites des recherches, ni après. » | Dossier CNIL, p. 197 | Cette affirmation sur les cookies n'est pas réfutée par la CNIL. Elle ne répond toutefois pas au traitement serveur de l'IP, du User-Agent et de la requête. |
| 8 octobre 2018 | À la question relative à l'envoi de l'IP à Bing4Ads : « Nope, jamais. On fait proxy entre vous et la régie pub. » | Dossier CNIL, p. 200 | Contradiction directe : le code 2016 fait bien proxy, mais il obtient l'IP complète, fabrique le /24 et envoie ce /24 à Bing Ads avec le User-Agent et la requête. Être proxy n'implique donc pas qu'aucune donnée issue de l'IP ne soit transmise. |
| 21 janvier 2019 | « Qwant fait proxy, y a pas de donnée perso transmise aux régies publicitaires, quelles qu'elles soient. (et non, aucune décision ne dit l'inverse) » | Dossier CNIL, p. 195 | Contradiction directe de la première proposition par les constatations issues des contrôles de 2019. La parenthèse sur l'absence de décision pouvait être littéralement exacte à cette date et ne doit pas être réfutée rétroactivement par la publication de 2025. |
Le dossier conserve aussi des formulations sur l'absence de cookies, de profilage longitudinal ou de publicité comportementale. La CNIL relève elle-même que Qwant ne suivait pas les personnes dans le temps pour leur adresser de la publicité comportementale. Ces propositions étroites ne doivent pas être fusionnées avec la proposition, distincte et fausse, selon laquelle aucune donnée personnelle n'était transmise à Microsoft.
5.1. Ce que fait le code
Dans le blob 6081e444d17b26cfbc60cfc2f444c8910f842818 de search_ads.php, associé au tag v1.32.1 :
- le programme obtient l'adresse IP au moyen de
$this->input->ip_address(); - il appelle
anonymizeIp($ipAddress); - cette fonction localise le dernier point de l'IPv4 et remplace le dernier octet par
0; - le programme envoie la valeur résultante dans l'en-tête
X-Search-ClientIP; - le même appel transporte le
User-Agentet les mots-clés de la requête vers Bing Ads.
Il est donc matériellement impossible, dans ce chemin, de produire le /24 sans avoir préalablement reçu et traité l'IP complète. L'affirmation selon laquelle Qwant ne traitait pas l'IP est contredite par le code.
5.2. Ce que cette démonstration ne dit pas à elle seule
Le traitement préalable de l'IP complète ne suffit pas, dans l'abstrait, à démontrer que tout /24, pris seul et dans toutes les situations, identifie une personne. Le test d'anonymat porte sur le jeu de données, les possibilités d'individualisation et de corrélation, le contexte et les moyens raisonnablement disponibles.
Ici, ce débat abstrait est dépassé par les éléments propres à Qwant :
- le
/24était associé auUser-Agentet à la requête ; - une étude publiée par des chercheurs Microsoft dès 2012, sur des journaux Bing et Hotmail, mesurait déjà le pouvoir d'individualisation de
User-Agent + IPv4 /24; - l'avis européen
WP216de 2014 fournissait une grille d'évaluation fondée sur l'individualisation, la corrélation et l'inférence ; - après analyse du traitement Qwant-Microsoft, la CNIL a conclu qu'il s'agissait de données personnelles pseudonymisées, et non de données anonymes.
La formulation exacte est donc :
Le code prouve sans ambiguïté le traitement de l'IP complète pour construire le
/24. Dans le jeu Qwant-Microsoft documenté, le/24, associé aux autres informations, n'était pas anonyme : la CNIL l'a qualifié de donnée personnelle pseudonymisée.
6.1. Jusqu'en août 2020, Qwant affirmait encore que les données étaient anonymisées
Le changement d'octobre 2020 ne corrige pas une formule isolée. Le corpus chronologique des communications de Qwant documente une présentation publique persistante :
La formule « état de l'art » est bien celle de Qwant. La politique archivée au 8 août 2020, page 2, porte exactement :
« Au maximum de ses possibilités et de l'état de l'art, Qwant anonymise les données qu'il doit collecter pour fournir le service. C'est simple. »
| Période | Formulation publiée par Qwant | Portée |
|---|---|---|
| Octobre 2017 à janvier 2020 | la requête est « immédiatement anonymisée » parce qu'elle est dissociée de l'adresse IP, « en conformité avec les préconisations de la CNIL » | Qwant présente le traitement comme produisant de l'anonymat et invoque expressément la conformité aux recommandations de la CNIL. |
| Juin 2019 | « pour la rendre anonyme » ; « Seules ces données anonymes circulent dans notre réseau interne » | Cette communication consacrée à Microsoft rattache directement l'anonymisation à l'IP, aux publicités et aux journaux techniques. |
| Avril au 8 août 2020 | « Qwant anonymise les données et transmet uniquement à Microsoft » ; « Ces données anonymisées peuvent être conservées […] 18 mois » ; anonymisation « au maximum de ses possibilités et de l'état de l'art » | Qwant maintient encore cette qualification publique après la plainte CNIL de mars 2019 et les contrôles de juillet et septembre 2019. |
Il est donc exact d'écrire que, jusqu'en 2020, Qwant affirmait publiquement et de manière répétée anonymiser les requêtes et les données transmises à Microsoft. Il ne s'agissait pas d'une ignorance silencieuse de l'état de l'art : l'entreprise s'en prévalait expressément, ainsi que des préconisations de la CNIL.
6.2. BetterWeb constate un changement de qualification, pas de traitement
La publication BetterWeb du 23 octobre 2020 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) est centrale. Qwant y écrit :
- qu'il se refuse désormais à prétendre que toutes les données traitées sont « anonymisées » ;
- qu'après les échanges avec les experts de la CNIL et l'examen des critères stricts de l'avis
WP216, il est « plus juste » de dire que certaines données sont « pseudonymisées » ; - qu'« en pratique », aucune ligne de code n'a été modifiée.
La notice publique de la CNIL (ouvre dans une nouvelle fenêtre) établit la chaîne causale administrative :
- plainte déposée le 15 mars 2019 ;
- deux contrôles conduits en 2019 sur la base de cette plainte ;
- constat que les données n'étaient pas anonymes mais pseudonymisées ;
- constat que l'information de 2019 était inexacte et incomplète ;
- modification de la politique de confidentialité par Qwant en 2020 « en conséquence ».
Cette séquence n'est pas une simple évolution spontanée de vocabulaire. Elle démontre que Qwant avait présenté comme anonyme un traitement inchangé qui ne l'était pas, puis a corrigé sa qualification et son information après la plainte, les contrôles et les échanges avec la CNIL. Le contenu de cette publication, son calendrier et sa diffusion sont repris dans le chapitre consacré à la réponse de Qwant en 2020.
La notice publique de la CNIL qualifie rétrospectivement l'origine des manquements d'« erreur d'analyse initiale », affirme la bonne foi de Qwant, sa coopération « tout au long de la procédure » et l'absence d'intention de se soustraire au règlement. Cette appréciation doit être citée comme la position finale de l'autorité, non transformée en fait démontré.
Les documents contemporains de contrôle en révèlent les limites. Le 15 novembre 2019, après les premières conclusions de la CNIL et les observations de Qwant, une note interne indique :
« S'agissant de la question de savoir si l'AUID est ou non une donnée personnelle, QWANT considérant que ce n'est pas le cas […] »
La page suivante conclut :
« Dans la mesure où QWANT et nous-même avons chacun des positions plutôt tranchées et pouvant chacune être entendue, une rencontre semble nécessaire, une fois que nous aurons établi clairement ce que nous souhaitons leur demander et ce que nous sommes prêt à accepter. »
Cette opposition sur la qualification centrale réfute toute lecture de la « coopération » comme une adhésion substantielle continue en 2019. Elle n'exclut pas que Qwant ait matériellement répondu à des demandes de contrôle ; coopération procédurale et accord sur le fond sont deux propositions différentes.
Le mécanisme contrôlé le 26 septembre 2019 doit être distingué du flux versionné en 2016. Le procès-verbal décrit l'AUID comme un hash SHA-256 salé de l'adresse IPv4 complète et du User-Agent, avec renouvellement automatique du sel tous les 90 jours. Si l'IP et le User-Agent restaient identiques, la même valeur pouvait permettre de corréler des événements pendant une période de sel pouvant atteindre trois mois. L'AUID était plus granulaire que IPv4 /24 + User-Agent pour individualiser une configuration ; le hachage ne supprimait ni ce pouvoir d'individualisation ni la corrélation possible dans une même période. Les pièces lisibles ne permettent cependant pas d'établir les données et moyens auxiliaires dont Microsoft disposait avec l'AUID, ni la date exacte d'une substitution complète au flux de 2016.
Le changement de phase est expressément rattaché à la gouvernance par Qwant. Le 6 février 2020, la société invoque la volonté de sa « nouvelle gouvernance » de répondre aux observations complémentaires. Le 16 octobre 2020, le nouveau président écrit que la gouvernance a été « profondément renouvelée », qu'il a demandé une réévaluation intégrale de la politique et la pleine prise en compte des conclusions de la CNIL. La correction publique intervient ensuite les 22 et 23 octobre.
La notice ne produit enfin ni analyse Qwant datée de 2016, ni rapport appliquant alors les trois critères de WP216, ni jeu de données, scénarios d'attaque, auteurs ou résultats permettant de vérifier l'existence et la qualité d'une telle « analyse initiale ». Elle ne permet donc d'établir ni la bonne foi de l'ancienne gouvernance, ni l'absence d'intention en 2016.
Dans le corpus inspecté, aucune analyse Qwant de 2016 appliquant ces trois critères au flux requête + User-Agent + IPv4 /24 n'est retrouvée ou produite. Cette absence documentaire ne permet pas d'affirmer qu'aucun document interne n'a jamais existé ; elle interdit en revanche de présenter l'« erreur d'analyse » comme prouvée par une étude contemporaine accessible. Les contrôles documentés ont eu lieu en 2019 et ne constituent pas un audit forensique des tags Git ou du code déployé en 2016.
BetterWeb ne comble pas cette lacune : la page ne mentionne ni les alertes de Stéphane Erard en 2016, ni la plainte du 15 mars 2019, ni NDSS 2012, ni une analyse WP216 conduite par Qwant en 2016, ni un audit CNIL du code historique. Elle établit une correction de qualification après les échanges avec la CNIL et l'absence déclarée de changement de code. La synthèse du dossier de contrôle rapporte par ailleurs qu'en 2019 Qwant ne souhaitait pas divulguer aux utilisateurs une spécificité du traitement Microsoft ; le détail est occulté. Cet indice ultérieur est distinct de la préparation de l'audit financier de 2016 et ne doit pas être confondu avec elle.
Rapprochés de NDSS 2012, de WP216 en 2014, des alertes de 2016, de la revendication publique de « l'état de l'art » maintenue jusqu'en août 2020 et de l'absence d'analyse contemporaine produite, ces éléments rendent sérieusement contestable le récit d'une simple erreur technique initiale découverte de bonne foi. Ils justifient d'obtenir les analyses occultées et d'instruire la connaissance ainsi que l'intention ; ils ne suffisent pas, sans ces pièces et sans débat contradictoire, à arrêter une qualification pénale individuelle.
7.1. Tableau analytique
| Pages | Déclaration de Guillaume Champeau | Portée |
|---|---|---|
| 2-3 | Il dit avoir vu l'index et parlé aux ingénieurs ; il qualifie l'index de 2016 d'« artisanal », puis le décrit en 2021 comme plus complet, industriel et utilisé en production pour une majorité des requêtes. | Recul substantiel par rapport au tweet catégorique de 2016 sur un « propre index indépendant ». Il ne nie pas toute existence d'un index partiel. |
| 4-7 | Il interroge l'« acharnement » de Stéphane Erard et insiste sur l'impact des accusations sur les salariés. | Élément de posture et de conflit personnel ; aucune réponse technique sur Bing ou les données. |
| 8-9 | Il affirme ne pas avoir été présent lors de l'audit, admet que des choses ont été dites et mises en production qui n'auraient pas dû l'être, mais refuse la thèse d'une conspiration de toute l'entreprise. | Reconnaissance générale de communications et déploiements problématiques, sans identifier lesquels. Aucun aveu personnel de fraude à l'audit. |
| 13-14 | « la grande faute historique d'Eric Leandri, c'est d'avoir prétendu que Qwant n'utilisait pas du tout Bing. Ça ça a été une connerie, et il l'a reconnu tardivement ». Interrogé sur ce qu'il avait précisément vu en 2016, il répond que cela remonte à loin. | Reconnaissance claire par Champeau d'une fausse communication historique de Léandri sur Bing ; faiblesse de sa mémoire lorsqu'il doit préciser ses propres constatations de 2016. |
| 17 | « Si tu lis la Privacy Policy, tout y est très explicite. » Puis : « En 2016 il n'y avait pas de publicités Bing Ads ». | La première proposition est contredite pour 2019 par la CNIL, qui juge l'information inexacte et incomplète. La seconde est contredite par le code 2016 et par la chronologie contractuelle retenue par l'Autorité de la concurrence. |
| 18 | Après le rappel de la formule « ce qui va être dit maintenant ne doit pas sortir de ces murs », il répond qu'il existait « tout un débat » pour savoir si IP tronquée + UA constituait une donnée personnelle ou anonymisée. |
Il ne confirme ni ne nie la formule attribuée à Jean-Charles Chemin. Son silence ne vaut pas aveu. Il déplace la discussion vers la qualification des données. |
| 19 | Après l'objection sur le traitement nécessaire de l'IP complète et l'absence d'information : « il y a débat, mais j'ai pas envie de rentrer dedans, j'ai quitté Qwant c'est pas pour y revenir sans cesse ;) ». | Il maintient le caractère prétendument ouvert de la question puis refuse de répondre précisément au point technique et informationnel. En 2022, la position publique de Qwant avait pourtant été corrigée depuis octobre 2020. |
| 19-20 | Il invite Stéphane Erard à « passer l'éponge » et à ne plus « se pourrir la vie ». | Clôture personnelle et rhétorique de la discussion ; aucune réfutation du code, de BetterWeb ou de la chronologie CNIL. |
7.2. La fin du fil
L'enchaînement exact des messages déterminants est reproduit ci-dessous. L'orthographe, les majuscules et les erreurs visibles sont conservées ; les retours à la ligne sont normalisés et les heures AM/PM sont converties au format de vingt-quatre heures :
Stéphane Erard, bas de la page 16 : « Autre question, que penser des données envoyées à bing ads ? »
Guillaume Champeau, 9 h 35 : « que là dessus Qwant est devenu de loin le plus transparent du marché, et à ma connaissance celui qui a imposé le + de garde fous face aux exigences de MS (et là je me jette des fleurs, ça a été mon travail). Si tu lis la Privacy Policy, tout y est très explicite. »
Stéphane Erard, 10 h 33 : « En 2016 ? »
Guillaume Champeau, 12 h 17 : « En 2016 il n'y avait pas de publicités Bing Ads ».
Stéphane Erard, messages achevés à 14 h 20 : « Des aout 2016 qwant envoyait ip/24, ua et recherche a bing contre des serp. Ca a été mis en place dans le cadre de l'usage de bing ads. A été annoncé par chemin en weekly en juin 2016. Parce que bing coûtait trop cher alors que qwant venait de subir des attaques de scrapping qui rompaient linkedin en faisant site:. Une ligne de log a été repérée par chemin. Il a repère trois IPs sur quelques lignes de logs. Une IP avait pompe pour 70 000 € de requêtes bing. 70k en moins de 6 mois sur une IP. »
Guillaume Champeau, 14 h 35 : « et donc ? »
Stéphane Erard, 14 h 37 et 14 h 38 : « Où on étaient informés les utilisateurs d'un tel changement et approuvés ? On envoi des donnes issues de donnes perso sans le dire ? » ; correction séparée : « Ont* » ; puis : « Parce que oui, la réunion weekly a commencé par chemin disant "ce qui va être dit maintenant ne doit pas sortir de ces murs" ambiance non ? »
Guillaume Champeau, 14 h 42 : « comme tu le sais il y avait tout un débat pour savoir si le couple IP tronquée + UA devait être considéré comme données personnelles, ou comme données anonymisées. Je crois que tu as demandé à la CNIL de le trancher. »
Stéphane Erard, 15 h 26 : « Ils n'ont pas encore tranchés pu je n'ai pas eu la decision »
Stéphane Erard, 15 h 27 : « Il n'y a pas débat : le /24 n'est obtenu qu'en traitant automatiquement l ip , qui elle est une donnée perso. Nul part il n'était dit que ces infos étaient prises et envoyées »
Guillaume Champeau, 16 h 06 : « il y a débat, mais j'ai pas envie de rentrer dedans, j'ai quitté Qwant c'est pas pour y revenir sans cesse ;) »
Guillaume Champeau, immédiatement après : « Je te souhaite de passer enfin l'éponge sur tout ça, que ce soit après un jugement ou un accord amiable. Tu te pourris la vie avec ça depuis plus de 5 ans. »
Stéphane Erard, 16 h 43 : « Je comprends, merci pour cette discussion. Je ne me pourrie pas la vie, ils mont pourries la vie, tu inverses les rôles encore ;) Mais je ne peux pas ten vouloir. Bonne continuation et encore merci. »
La réponse de Stéphane Erard contient deux propositions expresses, auxquelles s'ajoute la qualification du jeu sortant invoquée par Guillaume Champeau :
- le traitement de l'IP complète nécessaire pour produire le
/24; - l'insuffisance de l'information fournie au public sur les données prises et envoyées ;
- la qualification du paquet
/24 + User-Agent + requête, que la réponse « il y a débat » ne doit pas permettre de confondre avec les deux premières questions.
Le code confirme la première. La CNIL confirme la seconde pour la politique de 2019. La correction publique de 2020 tranche, pour le traitement que Qwant présentait alors, l'opposition entre anonymat et pseudonymat dans le sens de la pseudonymisation. Guillaume Champeau ne répond au fond ni au traitement préalable de l'IP complète ni à l'information des utilisateurs ; il refuse de préciser ce qui resterait réellement en débat et met fin à la discussion.
La phrase de Stéphane Erard à 15 h 26 documente avant tout son propre état de connaissance. En janvier 2022, il n'avait pas identifié les changements de politique de 2020, n'avait reçu ni le courrier de clôture CNIL daté du 10 février 2025 ni les documents internes partiellement accessibles en 2026 après sa demande d'accès, la décision PRADA et la saisine CADA, et ignorait le détail de l'AUID contrôlé en 2019. Sa phrase pouvait faire comprendre à Guillaume Champeau que son interlocuteur ignorait l'issue administrative ; elle ne prouve pas ce que Guillaume Champeau savait lui-même. La correction publique datait déjà d'octobre 2020, Guillaume Champeau venait de revendiquer son travail sur les garde-fous Microsoft et une publication ultérieure lui attribue la revendication d'avoir lui-même mis le site en conformité en 2019-2020 lorsqu'il était « aux manettes du juridique ». L'instruction doit donc porter sur son savoir propre, non le déduire de l'ignorance déclarée de Stéphane Erard.
Ce comportement permet d'écrire qu'il esquive une contradiction technique documentée. L'invitation à « passer enfin l'éponge » est une clôture personnelle et rhétorique : elle n'est ni une réfutation, ni un aveu, ni une réponse sur le code ou l'information. Rapprochée de ses responsabilités juridiques revendiquées, de son travail allégué sur les « garde-fous » Microsoft, de sa référence expresse à la saisine de la CNIL, de la correction publique de 2020 et de ses propres déclarations catégoriques de 2018-2019, la séquence alimente fortement l'inférence d'une présentation consciente, sélective et orientée. Le seul échange privé ne suffit toutefois pas à transformer cette inférence en constat judiciaire de mensonge intentionnel.
7.3. Pourquoi janvier 2022 change la portée de la réponse, sans rétroactivité du RGPD
Le droit applicable aux traitements d'août 2016 doit être apprécié sous la loi Informatique et Libertés alors en vigueur ; le RGPD, applicable à compter du 25 mai 2018, ne doit pas être rétroprojeté sur ces faits. En revanche, la déclaration analysée est faite en janvier 2022. À cette date :
- le RGPD est applicable depuis plus de trois ans ;
- la plainte CNIL a été déposée en mars 2019 et les contrôles ont eu lieu en 2019 ;
- Qwant a publiquement remplacé « anonymisées » par « pseudonymisées » en octobre 2020 ;
- Qwant a déclaré que cette correction n'avait nécessité la modification d'aucune ligne de code ;
- Guillaume Champeau revendique dans le même échange un travail personnel sur les garde-fous opposés aux exigences de Microsoft et affirme que la politique serait « très explicite » ;
- la publication dont une capture complète affiche le 17 mars 2024 lui attribue la revendication rétrospective d'avoir lui-même mis le site en conformité en 2019-2020 lorsqu'il était « aux manettes du juridique ».
La référence à un débat historique peut expliquer qu'une qualification ait été contestée avant les contrôles. Elle ne répond pas à la question de savoir pourquoi, en 2022, l'interlocuteur ne distingue pas le traitement certain de l'IPv4 complète, la qualification du paquet transmis et l'information due aux utilisateurs, ni pourquoi il ne mentionne pas la correction déjà rendue publique par Qwant.
| Question posée par la séquence | État documentaire en janvier 2022 | Ce que répond Guillaume Champeau dans la pièce |
|---|---|---|
L'obtention du /24 nécessite-t-elle le traitement préalable de l'IPv4 complète ? |
Oui, dans le chemin de code versionné étudié. | Aucune réponse technique ; maintien global de « il y a débat ». |
| Le paquet transmis était-il anonyme ? | Qwant avait publiquement adopté « pseudonymisé » en octobre 2020 après ses échanges avec la CNIL. | La controverse anonymisé/personnel est encore présentée comme ouverte, sans mention de la correction. |
| Le traitement et l'envoi étaient-ils explicitement annoncés ? | La CNIL a constaté une information inexacte et incomplète en 2019 ; Qwant a corrigé sa politique en 2020. | Aucune identification d'une version ou d'un passage de la politique ; refus de « rentrer dedans ». |
Ainsi, la date de 2022 n'aggrave pas rétroactivement le régime juridique des faits de 2016. Elle renforce en revanche la portée probatoire de la séquence quant à la connaissance disponible, à l'asymétrie entre le plaignant encore privé de la réponse administrative et la personne revendiquant le travail de conformité, à la persistance d'une présentation devenue matériellement insoutenable dans son caractère global et à l'esquive de l'objection précise.
8. Frontière avec l'audit de juin 2016
La prise de fonctions de Guillaume Champeau chez Qwant est postérieure à la préparation documentée de l'audit CDC/Cardiweb de juin 2016. Ses déclarations ultérieures renseignent la continuité de la communication de Qwant et la connaissance qu'il a pu acquérir après son arrivée ; elles ne prouvent pas qu'il ait participé personnellement à la branche demo, à la présentation faite à l'auditeur ou à une décision de financement.
Le faisceau relatif à l'audit, à Monsieur Y, aux financements BEI/CDC et à la protection politique alléguée d'Éric Léandri est désormais analysé séparément au chapitre 54.
9. Matrice de qualification
| Proposition | État |
|---|---|
Le code étudié reçoit l'IP complète avant de produire le /24 |
Établi |
Le code étudié transmet /24 + User-Agent + requête à Bing Ads |
Établi pour les appels prévus par ce code |
Le /24 contient nécessairement « des milliers » d'adresses |
Faux : un /24 IPv4 contient 256 adresses |
| Le jeu de données Qwant-Microsoft examiné était anonyme | Contredit par la CNIL : données personnelles pseudonymisées |
| La politique de 2019 informait exactement et complètement les utilisateurs | Contredit par la CNIL |
| Qwant a corrigé son vocabulaire et son information après la plainte et les contrôles | Établi |
| Cette correction a nécessité une modification technique du flux | Contredit par Qwant : aucune ligne de code modifiée selon BetterWeb |
Qwant a produit une analyse de 2016 appliquant les trois critères de WP216 au flux transmis |
Non retrouvé ou produit dans le corpus inspecté |
| La CNIL a audité le code historique de 2016 | Non : les contrôles documentés portent sur 2019 |
| Champeau a affirmé qu'aucune IP n'était envoyée à Bing Ads | Établi comme contenu de la capture remise à la CNIL |
| Cette affirmation est conforme au code 2016 | Contredit |
| Champeau a affirmé qu'aucune donnée personnelle n'était transmise aux régies | Établi comme contenu de la capture remise à la CNIL |
| Cette affirmation est conforme aux constatations CNIL | Contredit |
| Champeau présente encore en 2022 la qualification comme un débat ouvert | Établi par la discussion privée |
| En janvier 2022, la correction publique anonymisation/pseudonymisation était déjà intervenue | Établi : octobre 2020 |
La formule « il y a débat » répond au fait matériel que le /24 est fabriqué à partir de l'IPv4 complète |
Non : aucune réponse technique identifiable sur ce point |
| La formule « il y a débat » répond à l'insuffisance de l'information des utilisateurs | Non : aucune version ni aucun passage de la politique n'est identifié |
| Il répond à l'objection sur le traitement préalable de l'IP et l'information | Non : il maintient « il y a débat » puis refuse d'entrer dans le débat |
| La phrase de Stéphane Erard sur l'absence de décision établit l'ignorance de Guillaume Champeau | Non : elle établit seulement l'état de connaissance déclaré de Stéphane Erard en janvier 2022 |
| Champeau revendique rétrospectivement avoir mis Qwant en conformité en 2019-2020 | Établi comme contenu des captures ; actes précis et authenticité native à instruire |
| Plusieurs déclarations publiques de Champeau sont matériellement fausses dans le périmètre documenté | Établi |
| Le corpus permet de soutenir qu'il mentait sur l'indépendance effective de l'index Web présenté au public | Oui, comme conclusion éditoriale étayée par ses déclarations contradictoires et le code ; non comme constat judiciaire |
| Le caractère conscient de chacune de ses autres affirmations fausses est judiciairement établi | Non ; inférence documentaire sérieuse à instruire contradictoirement |
Formulation forte et soutenable
Guillaume Champeau a diffusé plusieurs affirmations catégoriques matériellement fausses dans le périmètre documenté : indépendance effective de l'index Web présenté en 2016, absence de Bing Ads cette année-là, IP tronquée prétendument non identifiante, absence d'envoi d'IP à Bing Ads et absence de données personnelles transmises aux régies. Ses propres explications privées sur l'index permettent de soutenir qu'il mentait sur son indépendance effective. Pour les autres affirmations, leur répétition, ses fonctions, sa revendication d'un travail personnel sur les garde-fous Microsoft et la conformité, sa connaissance déclarée de la saisine de la CNIL, la correction publique de Qwant en 2020 et son maintien en 2022 d'un prétendu « débat » étayent sérieusement une présentation consciente, sélective et orientée. Lorsqu'il lui est expressément opposé que le
/24suppose le traitement de l'IP complète et que ce traitement ainsi que l'envoi n'étaient pas annoncés, il n'identifie plus aucun objet précis de débat, refuse d'« entrer dedans » et invite à « passer enfin l'éponge » : c'est une esquive documentée, non une réfutation. L'intention personnelle demeure une inférence probatoire forte à instruire contradictoirement ; elle n'est pas présentée comme judiciairement établie par le seul échange.
Formulations à éviter
- « Le seul fait de tronquer une IP prouve universellement l'identification d'une personne » ;
- « le silence de Champeau vaut aveu » ;
- « Champeau a participé à la fraude de l'audit de juin 2016 ».
11. Pièces à obtenir
- export natif des publications X/Twitter, avec URL, identifiants, date UTC et fil complet ;
- export natif de la discussion privée de janvier 2022 ;
- source native permettant de confirmer l'année du tweet « 17 mars » ;
- dossier CNIL complet non biffé, notamment les analyses techniques et les échanges ayant conduit à la formule « erreur d'analyse initiale » ;
- toute analyse Qwant contemporaine de 2016 appliquant l'individualisation, la corrélation et l'inférence au flux transmis à Microsoft ;
- versions historiques de la politique de confidentialité et historique du CMS BetterWeb.
12. Sources institutionnelles principales
- CNIL — Qwant : rappel des obligations légales relatives au traitement des données personnelles (ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Qwant BetterWeb — Éthique et transparence : comment Qwant respecte votre vie privée ? (ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- CNIL — avis du G29 sur les techniques d'anonymisation (ouvre dans une nouvelle fenêtre)