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Voir fautes de l'avocate

« Anonymisées » puis « pseudonymisées » : la réponse de Qwant en 2020, jamais plébiscitée

← Sommaire | ← Chapitre 55

Avertissement probatoire

Cette page analyse une publication primaire de Qwant du 23 octobre 2020 et sa place dans la chronologie de la plainte CNIL. Elle établit une correction publique de qualification ; elle ne présente comme judiciairement établie ni une intention de tromper, ni une dissimulation organisée, ni un effet causal sur une décision d'investissement. L'expression « jamais plébiscitée » désigne l'absence de reprise et de mise en avant constatée par la recherche décrite à la section 5.3, dont les limites méthodologiques y sont exposées.

Objet : consacrer une analyse autonome à la réponse publique de Qwant en 2020 — ce qu'elle reconnaît, ce qu'elle passe sous silence, et l'écart entre l'ampleur de l'affirmation corrigée et la discrétion de la correction.

Date de la revue : 5 août 2026.

1. Réponse synthétique

Le 23 octobre 2020, Qwant publie sur son blog betterweb.qwant.com un billet intitulé « Éthique et transparence : Comment Qwant respecte votre vie privée ? » (ouvre dans une nouvelle fenêtre). La société y écrit qu'elle se refuse désormais à prétendre que toutes les données traitées sont « anonymisées », qu'après les échanges avec les experts de la CNIL et l'examen des critères de l'avis WP216 il est « plus juste » de parler de données « pseudonymisées », et qu'« en pratique » aucune ligne de code n'a été modifiée.

Ce que cette pièce établit :

  • Qwant a publiquement abandonné le mot « anonymisées » pour les données concernées ;
  • Qwant rattache elle-même cet abandon à ses échanges avec la CNIL, c'est-à-dire à une procédure ouverte par une plainte enregistrée le 15 mars 2019 sous le numéro 19005268 ;
  • Qwant déclare que le traitement n'a pas changé : la correction porte sur la qualification et sur l'information, non sur le code ;
  • la correction intervient plus de dix-neuf mois après l'enregistrement de la plainte, plus de treize mois après le premier contrôle sur place, et environ quatre ans après les alertes internes de 2016.

Ce que cette pièce n'établit pas :

  • une intention frauduleuse, à quelque date que ce soit ;
  • l'existence, la qualité ou l'absence d'une analyse Qwant réalisée en 2016 ;
  • un effet causal sur une décision d'un financeur public ou d'un investisseur.

La thèse défendue dans ce chapitre est une thèse de proportion : la promesse d'anonymat a été portée pendant environ dix ans comme argument central et différenciant, sur plusieurs domaines et plusieurs langues ; sa rétractation a pris la forme d'un billet de blog secondaire.

Cette thèse a été contrôlée. Une recherche de liens entrants sur les identifiants exacts des trois URL de la publication, française et anglaises, ne retrouve aucune citation par un tiers — le seul résultat est la page Qwant elle-même. Surtout, toute la couverture de presse consacrée à la substance du sujet est datée de février 2025 et déclenchée par la notice publique de la CNIL, dans un vocabulaire de révélation. La presse a donc traité en 2025 comme une découverte ce que Qwant avait publié quatre ans plus tôt. Le détail de cette recherche et ses limites méthodologiques sont exposés aux sections 5.3 à 5.5.

Sa qualification en manquement de transparence relève de l'autorité compétente.

2. La pièce

Champ Valeur
Titre « Éthique et transparence : Comment Qwant respecte votre vie privée ? »
URL https://betterweb.qwant.com/2020/10/23/ethique-et-transparence-comment-qwant-respecte-votre-vie-privee/
Date affichée 23 octobre 2020
Domaine betterweb.qwant.com — blog éditorial, distinct de qwant.com et de about.qwant.com
Versions retrouvées une version française, deux URL anglaises
Captures du corpus 021 (FR, 5 pages), 022 et 023 (EN, 5 pages chacune)
Impression PDF betterweb_ethique.pdf, SHA-256 fe0e64bdde63fe9280454822405294fe1630dc71966fa5164cc90538b6e10ef0

Portée et limite : l'impression PDF a été réalisée le 31 juillet 2026. Elle fixe le contenu alors accessible et la date affichée par la page ; ce n'est pas une capture native de 2020. Les captures 021 à 023 du corpus constituent la référence de travail, et la comparaison avec les instantanés Wayback reste la voie de contrôle indépendante.

2.1. Fac-similé de la version française

Capture 021 - Éthique et transparence : respect de la vie privée - page 1 sur 5 Capture 021 - Éthique et transparence : respect de la vie privée - page 2 sur 5 Capture 021 - Éthique et transparence : respect de la vie privée - page 3 sur 5 Capture 021 - Éthique et transparence : respect de la vie privée - page 4 sur 5 Capture 021 - Éthique et transparence : respect de la vie privée - page 5 sur 5

PDF original : ouvrir ou télécharger le document complet (5 pages)

Les deux versions anglaises sont conservées séparément : capture 022 et capture 023, cette dernière étant un doublon éditorial. La série complète des captures est présentée dans le corpus chronologique des communications de Qwant.

3. Ce que Qwant reconnaît explicitement

Trois énoncés doivent être distingués, parce qu'ils n'ont pas la même portée.

Premier énoncé — l'abandon du mot. Qwant écrit se refuser désormais à prétendre que toutes les données traitées sont « anonymisées ». C'est une rétractation, formulée par l'auteur de l'affirmation initiale. Elle ne dit pas quand l'affirmation est devenue inexacte, ni si elle l'a jamais été.

Deuxième énoncé — la cause. Qwant rattache ce changement aux échanges avec les experts de la CNIL et à l'examen des critères stricts de l'avis WP216. La cause invoquée n'est donc ni une évolution du produit, ni une veille interne spontanée, ni un signalement utilisateur : c'est une procédure de contrôle administratif. Ce rattachement est fait par Qwant elle-même, ce qui en fait un aveu de causalité et non une déduction extérieure.

Troisième énoncé — l'absence de changement technique. Qwant précise qu'« en pratique », aucune ligne de code n'a été modifiée. C'est l'élément le plus lourd de conséquences. Il signifie que le traitement qualifié d'« anonymisé » jusqu'en août 2020 et celui qualifié de « pseudonymisé » à partir d'octobre 2020 sont le même traitement. La différence entre les deux périodes n'est pas technique : elle est déclarative.

Conclusion documentaire

Si le code n'a pas changé, alors la propriété décrite par le mot « anonymisées » n'a jamais été acquise par le traitement pendant la période antérieure. La correction de 2020 ne documente donc pas l'amélioration d'un procédé, mais la rectification d'une description qui ne correspondait pas à ce que le procédé faisait.

La notice publique de la CNIL du 11 février 2025 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) confirme ensuite cette lecture administrative : constat que les données n'étaient pas anonymes mais pseudonymisées, constat que l'information délivrée en 2019 était inexacte et incomplète, modification de la politique de confidentialité par Qwant en 2020 « en conséquence ». L'autorité qualifie par ailleurs l'origine des manquements d'« erreur d'analyse initiale » et retient la bonne foi de Qwant : cette appréciation doit être citée comme la position finale de l'autorité, et non transformée en fait technique démontré pour 2016. L'analyse détaillée de ce dossier figure au chapitre sur le contrôle CNIL.

4. Le calendrier

Date Événement Source
Août 2016 Messages T1 et T2 interrogeant la réidentification à partir d'adresses IP « pseudo-anonymisées » alerte interne
7 septembre 2016 Qwant rattache elle-même ces messages à sa promesse de « préservation de l'anonymité des recherches » dans un avertissement disciplinaire auto-identification de Qwant
19 décembre 2016 Notification interne à la Legal Officer : des informations pseudonymisées ne sont pas, pour cette seule raison, anonymes alerte interne
12 puis 15 mars 2019 Plainte formalisée, enregistrée par la CNIL sous le numéro 19005268 contrôle CNIL
10 juillet 2019 Premier contrôle sur place dans les locaux de Qwant idem
29 août 2019 Contrôle en ligne depuis qwant.com idem
26 septembre 2019 Second contrôle sur place idem
15 novembre 2019 Qwant conteste la qualification de l'AUID comme donnée personnelle ; positions « plutôt tranchées » de part et d'autre idem
6 février 2020 Qwant invoque la volonté de sa « nouvelle gouvernance » de répondre aux observations complémentaires idem
Avril à 8 août 2020 La politique publique affirme encore anonymiser les données « au maximum de ses possibilités et de l'état de l'art » capture 020
16 octobre 2020 Lettre du nouveau président : gouvernance « profondément renouvelée », réévaluation intégrale de la politique, pleine prise en compte des conclusions de la CNIL contrôle CNIL
22 octobre 2020 Date de mise à jour affichée par la politique de confidentialité corrigée politiques de confidentialité
23 octobre 2020 Publication BetterWeb : « anonymisées » → « pseudonymisées », code déclaré inchangé captures 021, 022, 023
21 novembre 2020 Politique française corrigée : trois premiers octets de l'IP, hash salé, sel renouvelé au moins tous les trois mois, données qualifiées de pseudonymes capture 024
10 février 2025 Lettre finale de la CNIL et clôture de la plainte contrôle CNIL
11 février 2025 Notice publique de la CNIL et rappel aux obligations légales idem

Deux enseignements se dégagent de ce tableau.

D'abord, la correction n'est pas une réaction rapide. Entre l'enregistrement de la plainte et la rectification publique s'écoulent dix-neuf mois, pendant lesquels Qwant maintient publiquement la qualification « anonymisées » — y compris après deux contrôles sur place et un contrôle en ligne.

Ensuite, la correction suit un changement de gouvernance, pas un changement de fait technique. Le désaccord du 15 novembre 2019 porte sur la qualification juridique de l'AUID. C'est la nouvelle direction qui, en février puis en octobre 2020, accepte ce que la précédente contestait. Aucun élément technique nouveau n'est invoqué dans l'intervalle par la société elle-même — et pour cause, puisqu'elle indique que le code n'a pas bougé.

5. L'asymétrie de diffusion

C'est le cœur de ce chapitre, et le point qui n'est traité nulle part ailleurs dans le dossier.

5.1. L'affirmation corrigée n'était pas une mention accessoire

Le corpus chronologique des communications documente une recherche systématique sur les domaines successifs de Qwant — qwant.com, www.qwant.com, about.qwant.com, blog.qwant.com, betterweb.qwant.com — dans leurs versions linguistiques et leurs captures Wayback de 2013 à 2020, sur les racines anonym*, anonymous, anonymisiert* et pseudonym*.

Ce que ce corpus montre n'est pas une formule isolée dans une page légale. L'anonymat était :

  • l'argument différenciant du moteur face à ses concurrents ;
  • porté dans plusieurs langues, dont l'allemand ;
  • repris dans les titres de presse décrivant Qwant comme « le petit moteur de recherche anonyme qui monte » ;
  • intégré au discours institutionnel devant les pouvoirs publics ;
  • et, comme l'établit le chapitre sur les financements, présent dans le projet publiquement soutenu au titre du financement remboursable de 25 millions d'euros annoncé par la BEI en 2015 sous InnovFin/Horizon 2020, où l'« anonymisation des requêtes » faisait partie de ce qui était présenté.

Qwant a elle-même mesuré la centralité de cette promesse : dans son avertissement disciplinaire du 7 septembre 2016, c'est bien à la « préservation de l'anonymité des recherches » qu'elle rattache les trois tweets sanctionnés. L'entreprise savait donc que ce mot n'était pas un détail rédactionnel mais un élément constitutif de son identité commerciale.

5.2. La rectification a pris la forme la plus discrète disponible

En regard, la correction du 23 octobre 2020 :

  • est publiée sur betterweb.qwant.com, blog éditorial secondaire, et non sur la page d'accueil du moteur ni sur about.qwant.com ;
  • se présente comme un billet sur l'« éthique et la transparence », titre qui ne signale pas une rectification ;
  • n'est accompagnée, dans le corpus réuni ici, d'aucun communiqué de presse, d'aucune campagne, d'aucune notification aux utilisateurs, d'aucune bannière sur le service ;
  • ne fait l'objet, dans le corpus réuni ici, d'aucune reprise de presse comparable à celle dont l'annonce d'anonymat avait bénéficié entre 2013 et 2019.

Un point doit être concédé sans réserve, parce qu'il tempère la thèse : la publication a été traduite en anglais, sous deux URL distinctes (captures 022 et 023). Il ne s'agit donc pas d'une publication franco-française confidentielle, et il serait inexact de parler de dissimulation. La qualification correcte est publiée mais non mise en avant.

Un second élément de contexte mérite d'être versé. Moins de sept semaines plus tard, le 10 décembre 2020, le même blog publie un billet « Journée des droits de l'Homme » — conservé au corpus sous les captures 026, 027 et 028, également en français et en anglais. Le canal restait donc actif et mobilisé pour du discours de valeurs. Ce constat n'établit aucune intention ; il montre seulement que la modestie de la communication d'octobre n'est pas imputable à une mise en sommeil du canal.

5.3. Recherche de liens entrants : aucun tiers ne cite cette page

L'affirmation « jamais plébiscitée » a été soumise à un contrôle. Une recherche de liens entrants a été conduite le 5 août 2026 sur les identifiants exacts des trois URL de la publication :

Requête Résultat
"ethique-et-transparence-comment-qwant-respecte-votre-vie-privee" Seule la page Qwant elle-même. Les autres résultats portent sur l'éthique numérique en général ou sur des présentations de Qwant sans rapport avec la correction
"ethics-and-transparency-how-does-qwant-respect-your-privacy" Seule la page Qwant elle-même, sous ses deux URL anglaises. Aucun article, aucune analyse, aucun billet tiers ne la cite
Presse française spécialisée, octobre à décembre 2020 Aucun article retrouvé traitant de la correction au moment où elle est publiée

Le résultat est net : le slug de la page n'est cité par aucune source tierce. Une publication reprise ou discutée laisse des liens entrants ; celle-ci n'en a pas.

5.4. La confirmation par l'inverse : la presse ne découvre le sujet qu'en 2025

Le contrôle le plus probant est indirect. La même recherche, portant sur la substance — « anonymisées » contre « pseudonymisées » chez Qwant — ramène une couverture de presse abondante et convergente, mais entièrement datée de février 2025, à la suite de la notice publique de la CNIL du 11 février 2025 (ouvre dans une nouvelle fenêtre) :

Le vocabulaire de ces titres est celui de la révélation : « épinglé », « recadré », « dévoile », « données soi-disant anonymisées ». Or ces articles décrivent, en 2025, exactement ce que Qwant avait elle-même écrit en 2020.

Conclusion documentaire

Si la publication du 23 octobre 2020 avait été plébiscitée, la notice de la CNIL de février 2025 n'aurait pas constitué une nouvelle. Le fait que la presse traite en 2025 comme une révélation un aveu formulé par l'entreprise elle-même quatre ans et quatre mois plus tôt établit que cet aveu n'avait pas atteint le public. C'est la démonstration la plus forte disponible du caractère non relayé de la correction.

5.5. Portée et limites de cette recherche

Portée et limite : une recherche conduite en 2026 sur des moteurs généralistes n'est pas une preuve d'absence en 2020. Les index se dégradent, les articles anciens sont désindexés, les archives payantes et les publications hors Web ne sont pas couvertes. Ce constat est fortement étayé, non démontré au sens judiciaire.

Ce qui est en revanche établi sans aucune recherche complémentaire, c'est l'asymétrie de forme entre les deux communications : sept ans d'affirmation portée en argument commercial central, sur plusieurs domaines et plusieurs langues, d'un côté ; un billet de blog éditorial de l'autre. Cette asymétrie-là se lit sur les seules pièces du corpus.

L'affirmation soutenable est donc celle-ci : Qwant n'a jamais transformé sa rectification en acte public de portée comparable à l'affirmation qu'elle rectifiait, et cette rectification n'a été reprise par aucun tiers identifiable.

6. Ce que la page ne dit pas

La publication de 2020 organise son propre récit : une entreprise de bonne foi découvre, au contact d'experts, qu'un mot était impropre, et le corrige. Ce récit repose sur des silences documentés.

BetterWeb ne mentionne pas :

  • les alertes internes de 2016 — les messages T1 et T2 d'août 2016 interrogeaient précisément la réidentification à partir d'adresses IP « pseudo-anonymisées » et contestaient que la suppression du dernier octet suffise à écarter le risque ;
  • l'avertissement disciplinaire du 7 septembre 2016, par lequel Qwant a elle-même rattaché ces messages à sa promesse d'anonymat ;
  • l'échange interne du 19 décembre 2016 avec sa Legal Officer, où il lui était signalé que des informations pseudonymisées ne sont pas, pour cette seule raison, anonymes ;
  • la plainte du 15 mars 2019, alors que la page rattache la correction aux « échanges avec la CNIL » sans dire ce qui les a déclenchés ;
  • l'étude NDSS de 2012, présentée par Microsoft Research et Microsoft Corporation, qui mesurait une précision de 79,33 % pour l'individualisation d'un hôte à partir du couple User-Agent + préfixe IPv4 /24 — soit exactement le jeu de données en cause ;
  • l'avis WP216 de 2014, cité par la page comme grille d'examen en 2020, mais dont l'application en 2016 n'est ni produite ni évoquée.

Le point probatoire décisif n'est pas de savoir si l'article NDSS avait été personnellement remis à Qwant. Il appartenait à une entreprise qui faisait de l'anonymat une caractéristique essentielle de son moteur, et qui se prévalait publiquement de l'« état de l'art », de confronter son procédé à cet état de l'art avant de publier une affirmation aussi catégorique. Cette vérification professionnelle ne pouvait pas être reportée sur le salarié ni sur l'utilisateur.

Le dossier ne contient par ailleurs aucune analyse Qwant datée de 2016 appliquant les trois critères du WP216 au flux requête + User-Agent + IPv4 /24. Cette absence documentaire ne prouve pas qu'un tel document n'a jamais existé ; elle interdit en revanche de présenter l'« erreur d'analyse initiale » comme démontrée par une étude contemporaine accessible. Les contrôles documentés portent sur 2019 et ne constituent pas un audit forensique du code déployé en 2016 — dont le chapitre sur le DataHub montre par ailleurs les capacités de journalisation.

7. Grille probatoire

Proposition Niveau de preuve Fondement
Qwant a publiquement remplacé « anonymisées » par « pseudonymisées » le 23 octobre 2020 Établi Captures 021, 022, 023 ; politique du 22 octobre 2020
Qwant rattache elle-même ce changement aux échanges avec la CNIL Établi Texte de la page BetterWeb
Qwant déclare qu'aucune ligne de code n'a été modifiée Établi Texte de la page BetterWeb
La correction est postérieure à la plainte et aux contrôles de 2019 Établi Dossier CNIL, notice publique du 11 février 2025
Les données concernées n'étaient pas anonymes Établi par l'autorité Notice publique de la CNIL du 11 février 2025
Le problème avait été porté à la connaissance de Qwant dès 2016 Établi T1, T2, avertissement du 7 septembre 2016, échange du 19 décembre 2016
La correction n'a pas été mise en avant à hauteur de l'affirmation corrigée Établi Asymétrie de support et de format entre le corpus 2013-2020 et le billet de 2020
Aucun tiers identifiable ne cite la publication du 23 octobre 2020 Fortement étayé Recherche de liens entrants du 5 août 2026 sur les trois slugs : seule la page Qwant ressort
La correction de 2020 n'avait pas atteint le public avant février 2025 Fortement étayé Toute la couverture de presse du sujet est postérieure à la notice CNIL du 11 février 2025 et employée au registre de la révélation
La discrétion de la communication procède d'une décision délibérée Non établi Aucun document interne de communication au dossier
La correction visait à préserver un financement en cours Hypothèse à instruire Concordance calendaire avec la fin d'Horizon 2020 ; contrat BEI non produit
Qwant a sciemment maintenu une présentation inexacte entre 2016 et 2020 Faisceau sérieux, non jugé Convergence état de l'art, code versionné, alertes, réponse disciplinaire, correction de 2020

Formulation forte et soutenable

Le 23 octobre 2020, Qwant a publiquement renoncé à qualifier ses données d'« anonymisées » au profit de « pseudonymisées », en rattachant elle-même cette rectification à ses échanges avec la CNIL et en précisant qu'aucune ligne de code n'avait été modifiée. Le traitement décrit était donc le même avant et après : ce qui a changé, c'est la description. Cette rectification, qui portait sur l'argument le plus central et le plus longuement diffusé de la société, a été publiée sur un blog éditorial secondaire ; aucune citation de cette page par un tiers n'est retrouvée, et la presse n'a traité le sujet qu'en février 2025, sur le registre de la révélation, après la notice publique de la CNIL. L'aveu de 2020 n'avait donc pas atteint le public auquel la promesse d'anonymat avait été adressée pendant sept ans.

Formulations à éviter

  • « Qwant a caché sa correction » — la page a été publiée et traduite en anglais ; la dissimulation n'est pas établie et la formule est réfutable en une capture.
  • « Il est prouvé que personne n'a jamais relayé la correction » — la recherche de liens entrants est un constat fort, mais menée en 2026 sur des index dégradés ; dire « aucune reprise retrouvée » plutôt que « aucune reprise ».
  • « La CNIL a audité le code de 2016 » — les contrôles documentés portent sur 2019.
  • « Qwant a reconnu avoir menti » — la page reconnaît une qualification impropre, pas un mensonge ; la qualification intentionnelle relève du juge.
  • « La correction prouve la fraude aux financements publics » — la concordance calendaire est un indice à instruire, traité au chapitre 40, et non une preuve.

9. Ce qui reste à démontrer

  1. Une recherche dans les archives de presse fermées — bases payantes, archives d'éditeurs, revues professionnelles — pour compléter la recherche de liens entrants de la section 5.3, qui ne couvre que le Web indexé en 2026.
  2. Les instantanés Wayback de la page d'accueil et de about.qwant.com aux 23, 24 et 25 octobre 2020, pour établir si la correction y a été signalée d'une quelconque manière.
  3. Le plan de communication interne relatif à la publication du 23 octobre 2020 : arbitrages de support, de format et d'audience.
  4. Les statistiques d'audience du billet, comparées à celles des autres publications du blog sur la même période.
  5. Le contrat BEI et son échéancier, sans lesquels la concordance entre la rectification et la dernière année du programme Horizon 2020 reste une coïncidence calendaire et non un élément de motivation.
  6. Les analyses occultées du dossier CNIL, dont le refus de communication est analysé par ailleurs.

11. Articulation avec le reste du dossier

Chapitre Ce qu'il apporte
3 — Qwant et l'anonymat (2013-2020) Le corpus chronologique complet dont ce chapitre constitue le terme
9 — De l'alerte publique à l'alerte interne T1, T2 et l'échange du 19 décembre 2016
25 — Le « live suicide » et les alertes adressées à Qwant La formule « mise en conformité en 2020 » opposée en 2024
27 — Dossier de plainte CNIL communiqué après occultation La procédure dont la correction est la conséquence
29 — Politiques de confidentialité de Qwant (2017-2026) L'analyse détaillée du passage à la pseudonymisation dans les textes légaux
32 — Avertissement du 7 septembre 2016 Le rattachement par Qwant elle-même à sa promesse d'anonymat
33 — État de l'art de la ré-identification NDSS 2012, WP216 2014 et les conclusions de la CNIL
39 — Financements de Qwant Le concours BEI et la place de l'anonymisation dans le projet soutenu
44 — Continuité du « mensonge » de Qwant La lecture longue 2016-2026
51 — Guillaume Champeau Les déclarations publiques maintenues avant et après la correction
53 — L'avertissement prouve que Qwant savait La connaissance de l'enjeu lié au préfixe IPv4 /24
55 — DataHub Ce que le code déclaré « inchangé » faisait effectivement

Conclusion probatoire

La publication du 23 octobre 2020 est une pièce primaire favorable au dossier, précisément parce qu'elle émane de Qwant. Elle établit que la qualification publique antérieure était impropre, que la rectification procède d'une procédure de contrôle et que le traitement n'a pas changé.

Ce que la recherche de liens entrants ajoute est décisif sur la question de la transparence : cette page n'est citée par personne, et le public n'a découvert le sujet qu'en février 2025, par la voix de l'autorité et non par celle de l'entreprise. Une correction que nul ne reprend produit l'effet juridique d'une mise à jour documentaire sans produire l'effet informatif d'une rectification.

Ce constat appartient au domaine de l'analyse documentaire. Il ne suffit pas, à lui seul, à qualifier un manquement à l'obligation de transparence, et l'appréciation définitive de l'intention relève de l'autorité judiciaire.

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